Pour combattre les espèces intrusives, nous devons faire preuve de pragmatisme et non d’idéologie.

Par Christian Pees le 5 Mai 2015

C’est une bactérie qui inquiète tout le sud de l’Europe et détruit une grande partie des oliveraies Italiennes. Son nom résume bien la difficulté de l’éradiquer : Xylella fastidiosa. On sait seulement que l’efficience de la transmission varie selon la plante, l’espèce de cicadelle (insectes) et du génotype de la bactérie.

Au final on ne connaît pas grand chose sur cette épidémie « fastidieuse » identifiée pourtant depuis plus d’un siècle dans les vignes Californiennes et plus récemment au Brésil ou des millions d’orangers et de citronniers ont été infectés, mais paradoxalement pas les mandariniers.

« Jamais la nature ne nous trompe ; c’est toujours nous qui nous trompons » disait rousseau. Contrairement à ce qu’affirme le philosophe la nature n’est pas toujours bonne. Cette bactérie et ces insectes nous montrent que la nature peut aussi être destructrice, qu’elle sait s’adapter à notre mode de vie et que nous devons en permanence avoir un coup d’avance si nous ne voulons pas voir la disparition d’un pan entier de notre alimentation. Nous devons en effet ne pas nous tromper.

On doit s’interroger sur les moyens de lutte de cette bactérie mais aussi sur d’autres espèces intrusives qui sont en train d’attaquer de plus en plus de cultures. Nous devons travailler beaucoup plus sur la génétique des plantes, un levier majeur, nous devons favoriser également l’agronomie et l’utilisation de biocontrôle. Cet ensemble de méthodes de protection des végétaux, par l’utilisation de mécanismes naturels, doit être développé.

Enfin nous devons utiliser les produits phytosanitaires de façon raisonnée mais adaptée aux risques. Sans engrais les sols s’épuisent  les plantes ne sont plus nourries, sans les produits phytosanitaires les maladies reviennent et les plantes sont attaquées par les parasites.

Le pragmatisme doit remplacer l’idéologie

Cessons d’avoir une vision idéologique de la nature ou de l’écologie, soyons pragmatique, analysons ce qui se passe autour de nous. On voit réapparaitre des maladies disparues comme l’ergot des céréales, la carie du blé etc. Il s’agit de trouver un équilibre entre vie humaine, espèces végétales et animales de notre planète.

Cet équilibre doit se faire sans a priori sinon nous risquons d’avoir une fracture entre les pays qui bénéficient des évolutions technologiques, de la recherche et d’autres qui subissent déjà les conséquences des modifications de la nature et qui ne disposent pas de moyens suffisants pour éradiquer ces nouvelles menaces