Peut mieux faire

Par Christian Pees le 26 Oct 2010

La réforme de la Pac est en marche. La Commission européenne a livré au Conseil, au Parlement, au Comité économique et social et au Comité des régions, sa communication sur la Politique agricole commune à l’horizon 2020 et ses défis en matière d’alimentation, de ressources naturelles et de territoire.

Bien sûr il ne s’agit pas du projet définitif. Ce texte va être débattu, retouché et discuté au cours des deux années à venir. Mais il traduit déjà un manque certain de souffle et d’ambitions par rapport aux enjeux à relever.

Dans les grandes lignes, les deux piliers sont conservés. Les paiements directs tournent toutefois au vert, avec l’introduction de l’éco-conditionnalité. Apparaissent également un plafonnement des primes pour les plus grosses exploitations et un forfait de prime minimale pour les plus petites. Sont aussi prises des mesures relatives au marché et au développement durable.

Avec ce document, on se rend compte que l’UE veut tout couvrir mais que les solutions apportées sont, au final, plutôt timorées. Ajoutez à cela les contraintes budgétaires — le texte ne mentionne d’ailleurs aucun chiffre ! — et il est aisé de déduire que tout ne pourra pas être financé.

La faute ne nous incombe-t-elle pas peut-être à nous aussi, acteurs du monde agricole ? Au moment des consultations de juin, n’avons-nous pas péché par conservatisme, en formulant des demandes essentiellement défensives qui essayaient de préserver l’histoire plutôt que d’anticiper l’avenir ?  Nous récolterions alors, finalement, ce que nous avons semé.

En tous les cas, les pistes proposées pour l’instant ne créent en aucune façon la rupture adaptée à la réalité économique. Par exemple, la priorité devrait être, à mes yeux, la gestion de la volatilité des marchés. Or, elle n’est traitée qu’à la marge.

De là, à parler de coup d’épée dans l’eau, il y a un pas que je ne franchirai pas. Il est donc impératif de ne pas gâcher les temps de travail et d’échanges qui vont avoir lieu pour essayer d’améliorer le projet. Sinon, là, ce serait vraiment une occasion manquée.