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Je m’étonne chaque jour de la charge que l’on fait peser sur l’agriculteur français...

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Le livre de Christian PEES, "L'arme alimentaire, les clés de l'indépendance"
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12 septembre 2007

Oui, M. le Président, l’agriculture française a besoin de ruptures !

On nous a dit et répété que Jacques Chirac était le dernier président à préserver les intérêts des agriculteurs en France. Hier, lors du SPACE à Rennes, Nicolas Sarkozy vient d’asséner un fort démenti à cette assertion.
Quelle que soit sa couleur politique, force est de constater que l’agriculteur français sort renforcé du discours du chef de l’état. Un certain nombre de vérités ont été dites :
Oui, la vocation première de l’agriculteur est de nourrir son pays,
Oui, un agriculteur doit pouvoir vivre de sa production,
Oui, la PAC de 1992 a placé l’agriculture française sous perfusion,
Oui, il faut aujourd’hui, produire plus… et plus propre,
Oui, il faut innover pour réduire l’utilisation des pesticides et engrais,
Oui, la France dispose d’atouts exceptionnels pour développer son agriculture,
Oui, la France et l’Europe doivent défendre leur indépendance alimentaire,
Oui, il faut réformer, dès maintenant puisque le contexte économique et politique le permet… par la rupture, si le cœur vous en dit M. le Président !

Les agriculteurs français ont un nouveau patron, gageons que les bonnes intentions ne s’arrêteront pas aux bonnes paroles.

30 août 2007

Réponse aux derniers commentaires

Il est vrai qu’il y a 20 ans nous avons connu des prix similaires à ceux d’aujourd’hui, le maïs se vendait alors autour d’1,5 francs le kilo. Ce n’est pas tant l’actuel coût élevé des matières premières qui m’inquiète que le contexte dans lequel cette flambée s’inscrit. Petit rappel, en 1992, il a fallu une refonte de la PAC pour que les prix des produits alimentaires s’orientent à la baisse.
La donne n’est plus la même aujourd’hui, sur le long terme des éléments structuraux posent problème. Premièrement, la mort annoncée de la PAC et son effet régulateur va laisser place à la dure loi des marchés et à ses incertitudes. Deuxièmement, l’explosion de la démographie mondiale va entraîner une forte demande de denrées alimentaires. La raréfaction de la surface agricole dans le monde aggravant ce phénomène. Troisièmement la concurrence entre productions agricoles destinées à l’alimentation et à l’énergétique va s’accroître. Bref l’agriculture mondiale est face à des enjeux dont peu de gens semble mesurer la portée.

Pour ce qui est de la diminution de la part de l’alimentaire dans le budget des familles françaises, je constate avec vous qu’en 25 ans nous sommes passés de 20 % à 13%... Vous imaginez bien que je suis le premier à le déplorer.

21 mai 2007

Mme Lagarde, bienvenue en agriculture

Christine LAGARDE est notre nouvelle Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, je l’en félicite. Représentée par un Ministère à part entière, l’agriculture conserve toute son importance dans la politique de développement française.
Notre nouveau ministre présente un profil différent de ses prédécesseurs, plus international et plus stratégique, Christine Lagarde devrait nous permettre de faire face à 2 défis majeurs pour l’avenir de l’agriculture française et européenne. Le premier enjeu concerne le bouclage des négociations de l’OMC où l’Europe s’annonce comme la grande perdante ; nous ne pouvons nous satisfaire de ce résultat (voir mon post du 23 avril dernier). Le second, touche à la réforme de la PAC dont l’importance est vitale pour la France : un important point d’étape à mi-parcours est prévu en 2008 en vue de l’échéance de 2013.
Les politiques nationales agricoles ont vécu, l’agriculture moderne exige une véritable vision stratégique globale à l’échelle de la planète. Rompue aux négociations internationales, j’espère que Mme Lagarde, va porter haut les qualités de l’agriculture française.

C’est au nom des 15 000 adhérents et des 3 1000 salariés du Groupe EURALIS, que je souhaite bienvenue en agriculture à Mme Lagarde. Je me joins à eux pour inviter cordialement Mme Lagarde à venir découvrir, notre réalité quotidienne, ici dans le Sud-Ouest, grande terre d’agriculture.

27 avril 2007

Un marché sans règles est comme une démocratie sans loi

L’accord déséquilibré qui se profile au terme des négociations de l’OMC me conforte dans mes convictions : l’agriculture mondiale doit être régulée. Pourquoi ?
L’agriculture n’est pas un bien comme un autre, elle produit du vivant, elle est vitale pour l’homme. Ce qui n’est pas le cas de l’industrie, ni des services.
L’agriculture nécessite la création un organe spécifique mondial permettant à tous les pays de produire et d’échanger en bonne harmonie, dans un souci partagé de compétitivité et de solidarité.
Je tire le signal d’alarme. Parce qu’on lui applique des outils, des systèmes de pensée, des modèles et des lois qui ne lui sont pas adaptés, l’agriculture mondiale court à sa perte.
Un marché sans règles est comme une démocratie sans loi. C’est à de nouvelles instances internationales qu’incombe le devoir de protéger les citoyens du monde, en donnant à chaque pays les moyens de conquérir son indépendance alimentaire – ou de la préserver.
C’est la voie que nous préconisons au MOMA (Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture). Ce mouvement est né d’une rencontre entre quelques membres du monde coopératif agricole et quelques grands économistes français habités par une même vision.
Le MOMA n’a pas pour vocation de concurrencer l’OMC. Nous souhaitons au contraire lui apporter les services d’un organe de consultation doté d’outils spécifiquement conçus pour résoudre les problèmes d’une agriculture mondialisée.
J’affirme que l’agriculture de demain sera mondialement régulée – ou ne sera pas.

06 avril 2007

Réponse au commentaire de M. Thierry Jaccaud

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M. Jaccaud, vous n’êtes pas sans savoir que les subventions dont vous parlez sont en fait des compensations accordées aux agriculteurs lors de la 2ème PAC de 1992, pour pouvoir abaisser les prix des productions agricoles européennes afin qu’ils se rapprochent des cours mondiaux. Ce système a fonctionné car les prix garantis se sont alors établis à -35 % pour les céréales… La PAC finançant la contrepartie aux agriculteurs.

L’effet négatif est que nous avons développé une agriculture assistée financièrement et que nous entretenons une dépréciation artificielle des prix agricoles. Soumis au dumping des subventions US, ces prix mondiaux sont "factices" et ne représente pas la réalité du marché (pour en savoir plus, je vous enagage à consulter mon livre).

L’effet positif, ce sont ceux que appelez « les contribuables » qui en bénéficient. Bien plus que l’agriculture, c’est la nourriture que l’Europe a subventionné. La France a pu se nourrir à moindre coût et les français profiter d’un pouvoir d’achat supplémentaire qui a profité à l’ensemble des secteurs économiques.
Cette politique agricole a permis d’assurer, jusqu’à présent, notre indépendance alimentaire. Elle permet à nos « contribuables » de manger à leur faim, pour un coût modeste orienté à la baisse. De plus, les français savent exactement l’origine et la teneur de ce qui ce trouve dans leur assiette. Ce qui ne serait pas le cas si nous avions abdiqué sur notre agriculture ; Nos importations de veau aux hormones made in US et les antibiotiques dans le poulet brésilien sont là pour nous le rappeler.
M. Jaccaud, rien ne sert d’opposer contribuables et agriculteurs. Les politiques agricoles sont décidées par nos représentants politiques démocratiquement élus par des « contribuables » !
Ce sont toujours ces mêmes représentants du peuple qui décident après avis des instances scientifiques françaises et européennes si un organisme végétal est autorisé à la culture en France. Serions-nous si peu démocrate que de remettre en cause le choix de nos édiles ?