À propos de l'auteur

Je m’étonne chaque jour de la charge que l’on fait peser sur l’agriculteur français...

Publications

Le livre de Christian PEES, "L'arme alimentaire, les clés de l'indépendance"
> Découvrez des extraits
> Commander le livre

Derniers sujets édités

09 mai 2008

La FAO n’a jamais dit qu’il était possible de nourrir la planète avec la seule agriculture biologique

Je souhaite rappeler à ceux qui m’interpellent par leur commentaires accusateurs sur ce blog qu’il est impératif, avant de prendre la parole, de vérifier ses sources. Au risque de décevoir certains, la FAO n’a jamais dit qu’il était possible de nourrir la planète avec la seule agriculture biologique. Voici ce que disait M. Diouf en décembre 2007, afin de rectifier la rumeur selon laquelle le bio est la seule issue pour l’agriculture et l’alimentation mondiale.

« Le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, a déclaré aujourd’hui que la FAO n’avait aucune raison de croire que l’agriculture biologique puisse remplacer les systèmes agricoles traditionnels pour garantir la sécurité alimentaire mondiale.
M. Diouf commentait des informations parues récemment dans la presse et les médias indiquant que la FAO approuvait l’agriculture biologique en tant que solution à la faim dans le monde.
“Nous devons recourir à l’agriculture biologique et l’encourager”, a déclaré M. Diouf. “Elle produit des aliments sains et nutritifs et représente une source croissante de revenus, pour les pays développés comme pour les pays en développement. Mais il n’est pas possible de nourrir aujourd’hui six milliards de personnes, et neuf milliards en 2050, sans une utilisation judicieuse d’engrais chimiques”.

Riche d’enseignements, je vous conseille de lire l’intégralité du propos de M. Diouf. Vous pouvez retrouver sur le site de la FAO, à l’adresse suivante : http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000726/index.html

M. Diouf à raison, dans un contexte d’explosion démographique et de diminution de la surface cultivable mondiale, il est vain d’opposer les modes de productions, la solution agricole unique n’existe pas. Bien au contraire, qu’elles soient vivrière, bio, conventionnelle, raisonnée ou OGM, nous devons, au cas par cas, avoir l’intelligence d’appliquer la meilleure solution, en fonction des situations et de la réalité locale.

Une nouvelle fois, je tiens à souligner que l’agriculture mondiale ne peut se construire sur des visions idéologiques et doctrinaires.

02 mars 2008

Défense de l’agriculture : USA 1 – France 0

A quelques jours d’intervalle, j’ai pu mesurer l’écart qui sépare la France des Etats-Unis en matière de politique agricole. Quand certain font des promesses sans agir, d’autres agissent sans promettre… Question de culture me direz vous !

Acte 1. J’accueillais à Pau, le 7 février dernier Mme B. Berry, Ministre Conseillé aux Affaires Agricoles de l'Ambassade des Etats-Unis en France. Lors de notre AG, elle a clairement démontré l’importance stratégique que son pays accorde à l’agriculture. Pragmatiques et sûrs de leur fait, les américains ne s’embarrassent pas de précautions pour nous annoncer que le prochain « Farm Bill 2008-2012 » va maintenir toutes les mesures de soutien à la production comme aux exportations agricoles.
Autre différence avec la France, en matière de protection de l’environnement, les américains soutiennent ouvertement les OGM. car pour eux, ils permettent de réduire l’utilisation des pesticides. Mme B. Berry à conclu en évoquant le développement fulgurant des biocarburants US et les mesures incitatives mises en place par son gouvernement.

Acte 2. Salon de l’Agriculture ce week-end à Paris. Séance de rattrapage pour M. Sarkozy, après un Grenelle de l’environnement qui a plutôt déstabilisé le monde agricole. Notre Président a une nouvelle fois pris « l’engagement officiel d’une refondation de la politique agricole commune ». Il est temps, malgré un autre discours plein de promesses prononcé au SPACE à Rennes il y a peine 5 mois, la France agricole entend les mots mais attend toujours les actes.

Mesure de soutient et protectionnisme sans complexe d’un côté, promesses de rupture sans action concrète de l’autre. Il y a des jours ou le « farmer » me semble mieux loti que le paysan français. Il est vrai que les USA à la différence de la France ou de l’Europe, considèrent l’alimentation comme une arme, c'est pourquoi ils ont toujours protégé leur agriculture. Il y a quelques mois, j’écrivais dans mon livre : « Chez nous, il est à craindre que les "politiques" laissent l'agriculture au "placard" aussi longtemps que le spectre du manque et de la hausse des prix n'apparaîtra pas »... Au vu de la polémique sur le pouvoir d’achat, il me semble que nous sommes en train de franchir la ligne rouge.

19 février 2008

Nicolas Hulot, quand le militant fait appel à la raison… Les scientifiques lui répondent !

J’ai lu ce matin sur le site de l’AFIS (l’Association Française pour l’information scientifique) la réponse des scientifiques à la tribune de Nicolas HULOT intitulée « OGM : la raison contre les préjugés » parue dans l’édition du 17 janvier 2008 du quotidien Le Monde.

M. Hulot, écologiste politique notoire, invoquant « la raison », il y a là une contradiction qui m’interpelle. C’est surement que M. Hulot y trouve son intérêt : il y a dans le mot « raison » une dimension subjective qui lui autorise une grande liberté dans l’appréciation de la vérité scientifique.

Quand M. Hulot déclare dans son article que : « le processus du Grenelle de l'environnement a permis une concertation tranquille et raisonnable entre les représentants de la société pour permettre à la décision politique de s'appuyer sur l'avis d'une haute autorité scientifique, dans le souci de l'intérêt collectif », encore faudrait-il écouter lesdits scientifiques qui ne me semblent pas du tout d’accord avec M. Hulot !
Je vous recommande donc de vous faire une opinion en lisant leur déclaration à l’adresse suivante : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article827

16 janvier 2008

Triste Grenelle. OGM, quand la démagogie l’emporte sur la démocratie

Il n’y aura donc pas d’OGM en France la saison prochaine, la décision prise sera lourde de conséquences. Alors que certains inconscients fêtent une victoire à la Pyrrhus, d’autres, scientifiques, agriculteurs ou simples citoyens pleurent une promesse de progrès mis à terre.

Démagogie. M. Fillon ne s’y est pas trompé quand il annonçait le 13 janvier dernier :
«Oui, c'est une décision politique». En effet, M. Sarkozy a tranché et activé la clause de sauvegarde, nouvel avatar européen du principe de précaution cher à nos hommes politiques français. En France quand on ne sait pas, on sort le parapluie et on regarde ailleurs… vers les municipales par exemple. Il est vrai qu’opportunisme électoral et courage politique ne font pas bon ménage, comme il est vrai que l’avenir de l’agriculture française ne pèse pas lourd face au jeun médiatique d’un José Bové. Triste pays où «la politique concernant les OGM est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des politiques», titrait en décembre le très sérieux journal scientifique « Nature Biotechnology ».

Hypocrisie. La France va une nouvelle fois se retrouver à contre courant de l’histoire. Alors que le monde entier explore et exploite le potentiel des biotechnologies, la France va se trouver dans une situation ubuesque. Elle interdit la culture des OGM sur son sol mais autorise l’importation des OGM pour nourrir ses animaux d’élevage ! Je reprends à mon compte le propos de Jean Bizet, quand il dénonce le retrait des OGM : « La démagogie l’emporte sur la démocratie ».
Il est vrai que nommer le sénateur Jean-François Legrand, opposant notoire aux biotechnologies, comme Président du Comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les organismes génétiquement modifiés laissait peu d’ambiguïté quant au résultat final.

04 octobre 2007

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Hier en pleine page dans la presse nationale, nous avons interpellé directement Nicolas Zarkozy sur l’importance de la décision qu’il va devoir prendre sur la culture des OGM en France.
Nous avons prolongé cette action à l’Assemblée Nationale, afin d’alerter les députés et la presse sur l’avenir des biotechnologies en France. Nous avons reçu le soutien de nombreuses personnalités politiques comme Louis Giscard d’Estaing, François Sauvadet ou Jean-Yves Le Déaut. Alors qu’un député présent nous confiait que les français ne « savent pas réellement ce que sont les OGM », il est urgent de rappeler à tous les enjeux qui se cachent derrière le gel des OGM ; cela conduirait inéluctablement notre agriculture à l'isolement, puis à une dépendance technologique et alimentaire des agriculteurs et des consommateurs français. Pour ceux qui n’ont pu lire cette « lettre ouverte » au Président, je vous livre ci-dessous le contenu exhaustif.

Monsieur le Président, ne cédez pas aux « marchands de peur » !

Monsieur le Président, vous nous avez promis une France du progrès et de l’innovation ainsi que le « maintien d’une agriculture de premier plan en France et en Europe », projet auquel nous adhérons totalement.
Pour répondre aux défis d’une agriculture nourricière, durable et respectueuse de l’environnement, nous sommes convaincus que la France a un besoin vital des biotechnologies. Elles autorisent le développement d’une agriculture qui allie performance économique et performance écologique.

Monsieur le Président, nous sommes au coeur du monde agricole français, rassemblés autour d’un objectif commun : répondre aux besoins du 21ème siècle, c'est-à-dire produire plus et mieux. Face à la pression de groupuscules qui ont choisi la violence pour exprimer leurs idées et à la stratégie de hold-up médiatique développée par ces « marchands de peur », nous tenons à faire entendre notre voix.

Monsieur le Président, entendez l’avis de l’immense majorité des scientifiques et des experts, compétents et rigoureux, qu’ils exercent à l’INRA, l’AFSSA, la CGB ou l’EFSA.
Partout dans le monde, ils estiment qu'à ce jour :
Les OGM autorisés ne présentent pas de risques pour la santé humaine.
Au contraire, ils améliorent la qualité et la sûreté des aliments.
Ces OGM sont aussi un progrès pour l’environnement. En élargissant les défenses immunitaires de nos plantes, ils permettent de limiter le recours aux pesticides.

Monsieur le Président, ne sacrifiez pas l’agriculture française. Tout « gel » sur les OGM conduirait inéluctablement notre agriculture à l’isolement, puis à une dépendance technologique et alimentaire des agriculteurs et des consommateurs français.

L’avenir agricole et alimentaire de notre pays ne peut se construire sur des valeurs de régression et de repli sur soi. En Europe, comme partout dans le monde, la culture des OGM alimente une croissance verte. La France, 3ème puissance agricole mondiale, doit y prendre une part active.

Monsieur le Président, depuis toujours, la France aura été dans le monde le Pays des Lumières et de la résistance à l’obscurantisme. Vous n’avez pas le droit aujourd’hui, de tomber dans le piège tendu par les « marchands de peur ».

ORAMA

ORAMA est l'Union qui fédère l'Association Générale des Producteurs de Blé (AGPB), l'Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) et la Fédération Française des Producteurs d'Oléagineux et de Protéagineux (FOP). Cela représente 325 000 exploitations qui mettent en valeur 14 millions d'hectares.

01 octobre 2007

Ne laissons les « marchands de peurs » gouverner

Dans son article « Le nouveau totem des écolos », Eric le Boucher, journaliste au quotidien « Le Monde », nous livre une analyse (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-961127,0.html) qui me rassure sur la capacité de la presse française à décoder les petits « arrangement entre amis » qui se trament au sein du Grenelle de l’Environnement.

M. Borloo et ses nouveaux amis écolos se trouvent ici dénoncés dans leurs grandes manœuvres. OGM, nucléaire, CO2, automobile… Eric Le Boucher décortique et condamne le fond de commerce des nouveaux « marchands de peurs » qui par obscurantisme prêchent la décroissance et la régression.

Pourtant, une croissance associant écologie et performance économique est possible en France. Hélas, je ne vois pas, dans les propositions de M. Borloo et de ses amis « régressistes » ce qui va créer de l’emploi et de la richesse pour notre pays. Nous attendions le progrès, nous n’avons que repli sur soi. La France des Lumières, Diderot et son discours de la raison me semble appartenir à l’histoire d’un autre pays.

23 septembre 2007

Gel des OGM, nous ne sommes pas dupes !

Faisant fi de tous les principes démocratiques, M. Borloo, Ministre de l’Ecologie a laissé entendre, en marge du Grenelle de l’Environnement, que « le gouvernement s'apprête à geler les cultures transgéniques ainsi que la commercialisation des semences OGM en France dans l'attente d'une nouvelle loi ».

Que doit-on penser de ce gouvernement, quand en moins de 12 heures, François Fillon nous assure que concernant le moratoire sur les OGM : « la France veillera à ne pas s'isoler du reste du monde sur ces questions », M. Borloo décrète unilatéralement que le gel des OGM en France est une affaire entendue et enfin M. Barnier annonce à Tours que rien n’est joué ? Fausse cacophonie gouvernementale pour une reculade politique savamment orchestrée ! J’ai bien peur qu’une fois de plus, l’agriculture ait servi de variable d’ajustement dans une négociation « off » : « Je sacrifie les OGM contre le nucléaire ».

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Sur la question des OGM, M. Borloo n'a fait que prendre la mesure du degré d'implication du public et des organisations altermondialistes. Comme le disent les gamins, « c’est celui qui dit, qui est » et au petit jeu du lobbying et du hold-up médiatique, ce sont toujours les écologistes qui gagnent.
A défaut de prises de parole courageuses et pédagogiques, c’est l’autorité qui sort bafouée de ce simulacre de démocratie. Où sont nos élites politiques, patronales, syndicales ? Qui a tenté d’expliquer au français les bénéfices de certains OGM pour leur santé, leur alimentation et leur environnement ?

Les grands perdants sont une nouvelle fois les agriculteurs. Cette victoire à la Pyrrhus ne présage rien de bon pour la France, son agriculture et ses consommateurs. A quand un « Grenelle de l’Agriculture » ?

02 avril 2007

La France à besoin de toutes ses agricultures !

Certains, naïfs, pensent que les OGM peuvent à eux seuls, sauver la planète de toutes famines potentielles.
Je réitère mes propos sur le développement et la préservation impérative de toutes les agricultures. Cessons d’opposer les productions, qu’elles soient bios, raisonnées, conventionnelles ou OGM… La France, l'Europe comme l'ensemble de la planète ont besoin de toutes les agricultures... Pour peu qu'elles soient assez performantes pour nourrir les hommes.
La solution unique à nos exigences légitimes pour des produits sains, sûrs, bons… et peu coûteux n’existe pas ! C’est une utopie de penser que l’on peu nourrir la planète qu’avec du bio comme c’est une belle ânerie de penser nourrir la terre entière avec les seuls OGM. La solution doit être et sera multiple, le respect, l’indépendance et la diversité alimentaire de chacun en dépend.

30 mars 2007

Pourquoi diaboliser les OGM ?

Savez-vous que le sigle « Bt » provient du nom d’une bactérie, le Bacillus thuringiensis (Bt). Présente à l’état naturel dans le sol et sur de nombreux végétaux, cette bactérie produit des molécules qui, une fois ingérées, se révèlent mortelles pour les chenilles de sésamie et de pyrale (2 parasites du maïs). Cette bactérie est utilisée en pulvérisation par l’agriculture biologique et fait aussi l’objet d’une transgénèse pour donner le fameux maïs OGM Bt. Dans les deux cas, elle présente les mêmes avantages environnementaux : protéger les cultures en évitant le recours aux produits chimiques.
Pourquoi cette même molécule Bt est-elle diabolisée sous l’étiquette OGM et acceptée sous celle du bio ?

Cet exemple illustre bien la perception caricaturale que nous avons des OGM. Malgré les avis favorables des scientifiques sur le maïs Bt - ceux de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSAA) et de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) - rien n’y fait, la France persiste dans ses peurs et continue d’écouter ses gourous plutôt que ses scientifiques.

Ces peurs sont entretenues par ceux qui ont instrumentalisé l’agriculture pour en faire l’otage de leur combat politique. En France, les OGM sont victimes d’un combat idéologique qui se situe bien loin des véritables enjeux agricoles et alimentaires de la planète. Il y a pourtant urgence à sortir de l’impasse : nous avons 30 ans pour nourrir 3 milliards de personnes supplémentaires.

16 mars 2007

OGM, le dialogue est ouvert !

Les OGM ne sont plus un sujet tabou en France et encore moins dans le Sud-Ouest !
Je tiens à remercier tous les participants (mon estimation porte sur environ 350 personnes) au débat que nous avons organisé vendredi dernier – 9 mars – à Pau Lescar. Nous avons enfin ouvert le dialogue et le fait que vous soyez venus aussi nombreux prouve l’intérêt de notre initiative.
Même si nous avons tous constaté que les clivages brident encore les échanges. Je suis rassuré par l’orientation des discours. Nous n’en sommes plus à évoquer des chimères mais bien à comparer les risques et les avantages prouvés, de la culture du maïs Bt dans le Sud-Ouest ; la raison reprend enfin ses droits.
Les agriculteurs sont comme vous et moi, ils sont pragmatiques. Ils voient dans le maïs Bt un moyen efficace de lutte contre la pyrale qui peut leur infliger jusqu’à 20% de perte de rendement et donc de revenus. Quoi qu’on en dise, ils sont aussi soucieux de la préservation de leur environnement et ce maïs apporte un bénéfice environnemental reconnu par tous : il diminue l’emploi des produits phytosanitaires. Enfin, ils veillent à la sécurité sanitaire de leur production et nous savons tous que la présence de la pyrale développe les mycotoxines nocives.
Face à ces avantages constatés, est-il encore sensé d’opposer autant de craintes irrationnelles ? Les inquiétudes semblent se focaliser autour de la dissémination. Je rappelle que le pollen du maïs est lourd et très peu volatil et que les distances de sécurité sont là pour prévenir ce risque. Le gouvernement est d’ailleurs appelé à statuer sur ces distances d’isolement.
Jusqu’à preuve du contraire, la culture du maïs Bt dans notre région suscite plus de peur que de mal.

03 mars 2007

Le maïs Bt dans le Sud-Ouest, parlons-en, le 9 mars à Pau

Le 6 février dernier, j’annonçais, au nom d’Euralis, notre volonté d’organiser la traçabilité des agriculteurs qui souhaitent planter cette année un maïs OGM, le maïs Bt. Cette décision suscite depuis un certain nombre de réactions passionnées.
Ainsi, le samedi 10 mars, un collectif anti-OGM, qui pour l’heure n’a pas souhaité s’identifier, appelle à une manifestation devant le siège du Groupe Euralis que je préside.
Pour répondre à cette action et parce que la culture du maïs Bt dans le Sud-Ouest mérite mieux qu’une démonstration de force sans véritable échange, j’ai pris l’initiative d’organiser la veille, le vendredi 9 mars, une réunion publique d’information et de dialogue. Je souhaite que ce moment d’échange permette de reposer les termes du problème de façon apaisée et que chacun puisse faire entendre son point de vue.
J’en appelle à la raison. Sommes-nous capable de sortir de la diabolisation générale et les amalgames partisans pour regarder ensemble, en toute objectivité, au cas par cas, si une plante OGM, en l’occurrence le maïs Bt, proposée à la culture est bonne ou mauvaise et si elle présente des risques ou pas.
Je peux concevoir que les cultures transgéniques effraient certains, pour autant, chacun doit pouvoir exprimer son point de vue dans le respect des libertés d’autrui. Les affrontements doivent laisser place à la discussion. Nous devons renouer la voie du dialogue afin que tous puissent s’exprimer sans crispation. L’heure est donc venue de débattre ensemble de l’avenir de l’agriculture et des agriculteurs de notre région.

Cette réunion d’information et d’échange est libre d’accès et ouverte à tous. Elle aura lieu le vendredi 9 mars à 19h. au Parc des Expositions de Pau, salle Navarre.
Je compte sur votre présence… et sur votre ouverture d’esprit !

Christian Pées

15 février 2007

Sortir de l’hypocrisie sur la culture des OGM en France

Face aux multiples réactions qu’ont suscité mes propos sur la culture du maïs Bt dans le Sud-Ouest, je souhaite préciser quelques points.

Premièrement, chez Euralis, nous sommes respectueux de tous les modes de cultures et de productions, à ce titre, nous produisons des céréales bio comme des céréales sous agriculture raisonnée ou conventionnelle. Notre exigence, c’est que ces cultures soient au préalable validées par les autorités compétentes (Afssa, Commission du Génie Biomoléculaire,…).

Dernièrement, quelques-uns de nos adhérents ont émis le souhait de s’orienter vers la culture de maïs Bt, c’est le seul maïs OGM autorisé à la culture en France et en Europe depuis 1998. Ce choix est de leur responsabilité d’agriculteur. Notre rôle à nous, coopérative est alors d’assurer les conditions techniques de traçabilité de chaque filière.

Pour les raisons que vous connaissez, la culture d’OGM dans notre pays, fait l’objet de très fortes pressions assujetties d’actes de violence. Ce manque de dialogue aboutit à une situation tendue avec pour conséquence des mises en cultures d’OGM qui se font dans la plus grande confidentialité. Cette culture du secret présente des risques quand à la maîtrise intégrale de la nouvelle filière OGM.

Plutôt que de laisser les choses se faire dans la plus grande confusion, chez Euralis, nous avons, au contraire, décidé de tracer cette filière pour apporter des garanties.

Comme le titrait Libération le 10 février dernier : « Le tabou anti-OGM vacille pour le maïs ». Oui, je pense qu’il faut renouer le dialogue et sortir de l’hypocrisie actuelle qui fait de la culture des OGM en France un sujet tabou.

12 février 2007

Réponse aux derniers commentaires

Livrecp_couv_v2_4Pour ce qui concerne la diffusion sur internet du reportage de Canal +, je pense que vous reconnaîtrez avec moi que le procédé est pour le moins racoleur et relève de la manipulation.
Pour ce qui est du fond. Tenons-nous en au fait, le reportage dont nous parlons fait état d’une étude sur les OGM, dont les résultats ont conduit le gouvernement français a autoriser la culture des OGM en France.
Les scientifiques de l’AFSSA, ont également de leur côté validé dans leur rapport « OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? » : « L’introduction de nouvelles variétés de plantes résistant aux attaques d’insectes aurait un double effet bénéfique sur la santé en diminuant l’exposition du consommateur tant aux insecticides qu’aux mycotoxines. » ou encore « …une réduction significative de l’emploi des produits phytosanitaires (dont les insecticides) a accompagné l’introduction des variétés de plantes résistantes à des insectes… » à lire en page 65 sur www.afssa.fr/ftp/afssa/2004-SA-0246-Bénéfices-OGM.pdf. On ne parle pas là d’intérêt économique mais bien de santé publique et d‘environnement !
Nous vivons en démocratie, ce qui implique d’en respecter les principes. C’est sur la base d’études scientifiques que nos élus ont validé la culture du maïs BT en France. Je ne suis pas scientifique, je suis pas homme politique, mais un agriculteur citoyen, respectueux des normes en vigueur dans son pays. Si vous avez des doutes sur la crédibilité de nos élites, c’est à eux qu’il faut vous en prendre.

Une fois encore, je ne peux être d’accord avec vous, quand vous affirmez que certains « rigolent » à propos de l'amiante, le nucléaire, le réchauffement de la planète, les farines animales. Ces crises ont bien eu lieu avec les conséquences dramatiques que l’on sait, faut-il pour autant refuser le progrès en bloc ? La réponse est là dans votre vie quotidienne : votre santé, votre alimentation, vos communications, vos transports, votre confort… Si nous nous portons si bien aujourd’hui, si l’espérance de vie n’a jamais été aussi longue, c’est au progrès que nous le devons. Je vous invite également à prendre connaissance des chiffres de la mortalité liés à des causes alimentaires d’il y 100 ans et de les comparer aux statistiques actuelles.

Quant à vos propos sur les agriculteurs, je vous rappelle que je suis moi-même agriculteur, Président d’une coopérative, élus par les adhérents, environ 15 000 chez Euralis. La défense de l’agriculture est l’un de mes credo et si vous en doutez, je vous invite à lire le livre (L’arme alimentaire) que je viens de publier aux éditions du Cherche Midi.

10 février 2007

Au grand jeu de la MANIPULATION

Le monde des alters est en émoi et par conséquence ma boîte mail frise la surchauffe ! Vous aussi, avez du recevoir ce mail d’un ami bienveillant, vous invitant à visualiser un reportage « interdit d’antenne » sur les OGM : « A voir absolument avant qu’il ne soit retiré du web ! ». Rendez-vous compte, un reportage confidentiel sur les OGM, réalisé par Canal +, est interdit d’antenne. La censure, la méchante censure est de nouveau à l’œuvre ; on veut bâillonner le discours anti-OGM  !

Heureusement quelques journalistes (Sud Ouest, France Inter...) gardent la tête froide et nous dévoilent la supercherie. Le reportage en question, n’a jamais été censuré... et a bien été diffusé le 15 novembre 2005 sur Canal +. En attendant, quelques manipulateurs avisés ont bien lancé ce buzz et l’on peut dire que beaucoup se sont fait abuser.

Cet événement me laisse perplexe quand à la crédibilité du discours de ceux qui ont pour méthode l’emploi de moyens fallacieux pour imposer leur discours militant. Il me semble que la langue française désigne cela sous le terme, peu élogieux de MANIPULATION.

08 février 2007

Réponse au commentaire de Stéphanie Raillard sur les OGM

Livrecp_couv_v2_4Une fois de plus la rhétorique est de mise et la forme l’emporte sur le fond. Vous êtes quelques-uns, militants, à asséner une forme d’argumentation aussi rituelle que formatée. A ce titre, l’irrespect dont vous faites preuve et les propos employés à mon encontre dans votre conclusion décrédibilise complètement et rendent caduque votre discours, quelle qu’en soit la teneur. Vous vous posez des questions, moi également, certes nous n’avons pas les mêmes réponses et ce n’est pas pour autant que je méprise quiconque.
Je le répète, le débat sur les OGM restera stérile tant que la passion l’emportera sur la raison !

Pour info, je signale une trop rare initiative : la table ronde « environnement » organisée le 25 janvier dernier lors du colloque sur l’avenir de l’agriculture organisé par les anciens élèves de l’INA P-G, de l’Ena et de l’Ecole polytechnique. Lionel Vilain, militant écologiste de France Nature Environnement, Vincent Gros, président de BASF Agro, Guillaume Sainteny du ministère de l’Ecologie, Luc Guyau, ancien président de la FNSEA, Marion Guillou, présidente de l’Inra… ont pu débattre en bonne intelligence, comme quoi, on peut ne pas être d’accord et s’accorder pour faire progresser les mentalités.

Pour ce qui est des questions posées, je pointe dans votre argumentation quelques contradictions qui doivent être soulignées. Vous dénoncez dans le même élan pesticides et OGM, je vous rappelle, une fois de plus, ici ce que nous disent vos collègues scientifiques de l’AFSSA dans leur rapport « OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? » : « L’introduction de nouvelles variétés de plantes résistant aux attaques d’insectes aurait un double effet bénéfique sur la santé en diminuant l’exposition du consommateur tant aux insecticides qu’aux mycotoxines. » ou encore « …une réduction significative de l’emploi des produits phytosanitaires (dont les insecticides) a accompagné l’introduction des variétés de plantes résistantes à des insectes… » à lire en page 65 sur www.afssa.fr/ftp/afssa/2004-SA-0246-Bénéfices-OGM.pdf. Vous vous dites biologiste, vous apprécierez donc à leur juste valeur, les conclusions rendues par un organisme qui ne prête pas le flanc à la critique.

Je ne peux que vous renvoyer à vos débats d’experts, mais je vous rappelle que c’est bien sur la base d’études scientifiques que les OGM sont autorisés à la culture en France. Nos politiques, élus démocratiquement, ont validé le bien fondé de cette démarche.
Je vous rappelle enfin que « l’utilisation illégale de la faux » conduit à 4 mois d’emprisonnement ceux qui méprisent les droits civiques élémentaires qui régissent notre pays.
Les agriculteurs français respectent la loi, il serait bien que chacun en fasse autant.

Cordialement.

Christian Pèes

30 janvier 2007

Livrecp_couv_v2_4Suite à l’interview sur mon livre, parue dans « le-mag.fr », j’ai reçu le courriel suivant signé d’un certain Michel.

« Bonjour. Je trouve cet article (une alternative à l’ultra-libéralisme et aux alter-mondialistes*) assez tordant, en particulier lorsque l'on sait - et que vous n'indiquez pas - que vous êtes producteur d'OGM.
Un vendeur d'OGM qui fait de la pub sans dire qu'il est vendeur, comment cela s'appelle-t-il ? »

Je tiens donc à vous répondre. Euralis n’est pas créateur d’OGM. Et pour cause, du fait des arrachages illégaux, la recherche européenne sur le sujet est réduite à néant. La conséquence : demain, si nous voulons ajouter des éléments OGM à nos semences traditionnelles, nous devrons payer des royalties à ceux qui les ont développé… Le paradoxe : alors qu’ils les  désignent comme leurs ennemis, les arracheurs font le jeu de ces grands semenciers.

Par contre, nous distribuons depuis l’an dernier des semences OGM à ceux de nos agriculteurs qui en font la demande. Les agriculteurs sont libres d’acheter le type de semences qu’ils souhaitent, notamment des semences OGM. Certains de nos agriculteurs trouvent dans les OGM un moyen de lutte efficace contre le risque de pyrale/sésamie. Cette pratique est parfaitement légale. 

Notre rôle est d'organiser la traçabilité de ces cultures. Car nous ne souhaitons pas que ces mises en culture se fassent de manière anarchique et nous souhaitons que coexiste l’ensemble des filières : maïs conso conventionnels, maïs semences, maïs doux, maïs waxy, maïs bio…

Vous avez sans doute lu mon livre et compris que ma position sur les OGM est beaucoup plus globale. Oui, il faut encadrer les OGM, de manière très stricte. Non, nous ne pouvons refuser les progrès qu’ils peuvent nous apporter. Si certains OGM ont fait la preuve de  leur utilité, pourquoi ne pas en profiter dès lors qu’il est prouvé qu’ils ne présentent aucun risque pour la santé humaine ?

Abordons ce sujet sans dogmatisme !
Au plaisir de lire votre réponse dans une argumentation plus développée !

* http://www.le-mag.fr/actualites-agricoles/articles/coup-de-gueule/une-alternative-a-l-ultra-liberalisme-et-aux-alter-783-6-1.html

15 octobre 2006

Les Brésiliens sans état d’âme sur les OGM

Les Brésiliens reconnaissent l’intérêt agronomique évident des OGM. Et seules les difficultés à écouler leurs productions agricoles transgéniques à travers le monde freinent leur ardeur. Ils sont sans état d’âme.
Pour eux les choses sont simples. Ils disent au monde : « Vous voulez des OGM ? On vous en cultive autant que vous voulez ! » C’est bien là le problème. Au Brésil, les deux filières cohabitent avec les conséquences que vous imaginez. Ils sont en effet dans l’impossibilité de doubler leurs moyens logistiques pour assurer une séparation totale garantissant la non contamination.
Quand je pense aux règles drastiques que nous appliquons chez nous, dans le Sud-Ouest, pour accompagner les céréaliers qui souhaitent planter des OGM… Une fois de plus, je ne peux que constater la disparité des contraintes qui pèsent sur l’agriculture mondiale.

25 août 2006

Pour un débat démocratique sur les OGM

Je pense qu'en matière d'OGM, nous avons perdu assez de temps. Il nous faut sortir de l’impasse dans laquelle l’Europe s’est engagée en décrétant en 1999, un moratoire sur les OGM. Nous avons le devoir de déterminer si les OGM présentent un risque ou sont un progrès pour la santé humaine et l’environnement.
Alors que des pays comme les USA, l’Argentine, le Brésil, la Chine, autorisent la culture des OGM sur le principe de l'absence de preuve de danger, la France et l’Europe adoptent une position opposée : pas d'utilisation d'OGM tant que l'innocuité de ceux-ci n'a pas été prouvée.
Dès lors, je m’interroge : pourquoi remettre à plus tard le débat sur les OGM ? Pourquoi l’Europe aurait-elle raison face au reste de la planète ?
Ne serions-nous pas en train d’affaiblir l’agriculture française face à la concurrence mondiale, de condamner l’agriculture européenne au nom d’une forme d’obscurantisme.
Sans dire « oui au progrès » d’une manière béate, plus de dix années de pratique dans des grands pays agricoles semblent nous apprendre que les risques supposés ne résistent pas aux avantages économiques et environnementaux constatés.
Un constat qui nous renvoie à la promesse d’origine de la recherche sur les organismes génétiquement modifiés qui consiste à intervenir sur l’ADN d’un organisme pour donner à une plante des propriétés nouvelles pour qu’elle produise plus, qu’elle ait besoin de moins d’eau, qu’elle se protège des parasites, qu’elle se conserve mieux, qu’elle ait meilleur goût, qu’elle supporte mieux le froid... Les bénéfices attendus laissent rêveur : réduire l’utilisation des insecticides, herbicides et engrais, développer des variétés adaptées aux conditions climatiques des pays d’Afrique dévastés par les criquets, faire pousser des cultures sur des sols arides…Sans compter la recherche sur les alicaments.

Je conçois que les cultures transgéniques puisse effrayer certains, néanmoins, nous devons avoir confiance en l'avenir et combattre ensemble nos peurs. Chacun doit pouvoir exprimer son point de vue dans le respect des libertés d’autrui. Les affrontements d’aujourd’hui doivent laisser place au discours de la raison. Nous devons renouer la voie du dialogue afin que tous puissent s’exprimer sans crispation.
Ce débat démocratique concerne tous les acteurs de la société car il se trouve au carrefour des enjeux du monde moderne :
L’enjeu environnemental
Au-delà des polémiques : dissémination, rendement accru, biodiversité… il est un bénéfice direct avéré des OGM : ils permettent à la plante de résister à la maladie et aux parasites sans qu’un recours systématique aux produits phytosanitaires ne soit nécessaire.
L’enjeu économique
Le moratoire européen sur les OGM décrété en 1999 a eu pour effet de freiner la dynamique de recherche sur le vieux continent. Conséquence directe : les grands semenciers américains ont depuis pris une avance considérable, tant au niveau de la recherche que de la production et de la commercialisation des semences OGM. Une hégémonie qui risque d’entraîner à terme une dépendance des agriculteurs européens.
L’enjeu éthique
La science a franchi une nouvelle frontière, celle de la manipulation du gène. Les biotechnologies humaines, végétales ou animales font peur car elles touchent au cœur du vivant et donc sont investies d’un caractère sacré. On ne touche pas à ce que la nature ou dieu a créé.
L’enjeu politique
La grande majorité des hommes politiques observe un retrait prudent face au caractère excessif du débat sur les OGM. Ils sont peu à prendre position sur le sujet et à risquer le désaveu de l’opinion publique. Un vide médiatique exploité par les anti-OGM, là ou peu de pédagogie de la part de nos élus permettrait de faire avancer la prise de décisions. 
L’enjeu médiatique
Par le biais des arrachages illégaux, les anti-OGM ont réussi leur pari d’attirer l’attention des média et de profiter de cette tribune pour délivrer leurs messages. Le résultat est là, sans que le débat ait eu lieu, les français sont majoritairement méfiants face aux OGM.
Il me semble pourtant que dans un pays démocratique l'état à le devoir de protéger le patrimoine privé et ceux qui s’inscrivent dans le respect scrupuleux des règles.

On le voit, il est difficile de circonscrire le débat à une seule approche d’experts scientifiques validé par le pouvoir politique. Les clivages opposant pro ou anti OGM trouvent leurs fondements dans leurs idéologies respectives.
Ce qui justifie les positions des protagonistes, ce n’est pas tant le fait d’être pro ou anti OGM, mais bien plus leur appartenance à une idéologie se réclamant de visions totalement opposées quant à l’avenir de la planète. Au travers du débat sur les OGM, c’est l’opposition frontale de modèles de développement de la planète qui s’exprime. Pour faire court, d’un côté les militants de la cause altermondialiste et de l’autre les représentants du capitalisme mondial. Les uns accusant les autres de vouloir breveter le vivant pour le vendre et de vouloir soumettre les paysans du monde à la dépendance de quelques sociétés de semences internationales. Cet affrontement aussi caricatural soit-il, est symptomatique de la peur du risque qui gouverne nos sociétés occidentales. Nous nous retranchons derrière un « super principe de précaution » et autres moratoires qui conduisent à un immobilisme directement préjudiciable au monde agricole. En effet, il ne faut pas oublier que les premiers concernés ce sont les agriculteurs…Et vraisemblablement les seuls à qui personne n’a demandé l’avis !

Pour sortir de l’impasse il est nécessaire que chacun prenne ses responsabilités :
Aux politiques, l’engagement de mandater un programme d’études permettant enfin de trancher et de valider ou pas la production de végétaux OGM en France et en Europe.
Aux scientifiques de nous dire en toute objectivité, si les OGM présentent des risques ou au contraire s’ils sont un progrès pour la santé humaine et l’environnement.
Aux industriels de l’agroalimentaire, le courage de ne pas banaliser le discours anti-OGM auprès du grand public.
Et enfin aux consommateurs, la curiosité d’écouter le discours de la raison, c'est-à-dire faire acte de pédagogie pour prendre position sur les OGM en toute indépendance d’esprit.

La France ne pourra faire l’économie d’un véritable débat démocratique sur les OGM et je gage qu’à force de pédagogie des décisions seront prisent. Néanmoins, il y a urgence car le réalisme économique des marchés agricoles n’a pas attendu la fin du moratoire européen pour développer 90 millions d’hectares à travers le monde. Enfin, il me semble juste que la démocratie offre à chacun le soin de choisir s’il est pro ou anti-OGM et s’il souhaite cultiver ou non des organismes génétiquement modifiés.
Des prises d’initiatives sont nécessaires pour enfin offrir à l’agriculture le projet d’avenir qu’elle mérite.