Méfions-nous des excès de réglementations

Par Christian Pees le 1 Juil 2014

Suppression de certaines régions, « nettoyage » de normes administratives inutiles. Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs prônent la simplification pour améliorer le quotidien des Français, sauf en agriculture.

Au mois de mai un viticulteur bio traite de façon inappropriée sa vigne près d’une école. L’émotion est grande, la Ministre de l’Ecologie s’empare du dossier et souhaite rajouter une nouvelle interdiction alors qu’une réglementation précise et stricte existe déjà. Traitement  des cultures de nuit, rajout de normes pour agrandir des élevages, les exemples ne manquent pas et les normes et autres réglementations se multiplient.

Certaines sont justifiées d’autres beaucoup moins. Elles répandent l’idée que le monde agricole ne fait aucun effort ou alors pas assez, ce qui est faux. Agriculteur = Pollueur est une idée largement répandue, oubliant l’évolution des réglementations déjà existantes, les innovations en matière d’agronomie, la meilleure connaissance des molécules.

Normes idéologiques ?

C’est à se demander si toutes ces normes ne sont pas « idéologiques ». Celui qui produit moins serait plus propre et plus sain.  Rien ne démontre que c’est le cas. On oublie trop rapidement que notre production et notre alimentation sont de qualité.

Récemment l’ONG Oxfam, qui prône une agriculture familiale et raisonnée a publié une étude sur la qualité de notre alimentation. L’organisation non gouvernementale révélait que la France arrivait en 2ème position sur 134 pays pour la qualité de son alimentation. Cette étude répondait à 4 critères : Alimentation suffisante, à un prix abordable, de qualité et diversifiée et respectant une hygiène alimentaire. Les agriculteurs ont surement fait des erreurs dans le passé, qui n’en commet pas, mais ont le souci de bien travailler de s’améliorer. Seulement à force de normes ils hésitent à agrandir leurs élevages à vouloir produire plus.

Risques pour l’avenir de l’agroalimentaire

En imposant de nouvelles normes « idéologiques » on affaiblit notre agriculture et notre industrie agroalimentaire, on les rend moins compétitifs et à terme on décourage les plus motivés. Même si nous produisons moins en France, nous continuerons à nous nourrir. Il faudra alors importer d’autres pays, des aliments qui n’auront pas été forcément produits avec les mêmes exigences. Il y a 20 ans on vantait les bienfaits des entreprises sans usine, on regrette 20 ans après la désindustrialisation de notre pays. Ne répétons pas les mêmes erreurs avec l’agriculture et l’agroalimentaire.