Le méli mélo de la déclaration P.A.C (Politique Agricole Commune)

Par Christian Pees le 10 Juin 2015

Ubu et les shadoks ont trouvé leur digne successeur : Télepac. En ce début du mois de juin les agriculteurs doivent  finir leur déclaration pour la PAC 2015  (Politique Agricole Commune).

Au moment où la France compte un Secrétaire d’État à la simplification, cette déclaration est loin d’être simplifiée. Sur Telepac (site internet du Ministère de l’Agriculture) j’ai d’abord pris connaissance de la cinquantaine de notices qui me concerne,  plusieurs centaines de pages à lire et le défi commence…

Au final ces considérations techniques ou administratives ne sont pas un problème. Je perçois en revanche clairement l’intention politique derrière les aides découplées, les aides couplées à la production ou le 2ème pilier régionalisé.

17 variétés de surface d’intérêt écologique

Premier constat, je vais devoir produire moins. D’office, je dois réduire de 5 % mes surfaces cultivables et les transformer en surface d’intérêt écologique, il en existe 17 possibles (jachères, haies, fossés, bois, etc), c’est le fameux verdissement de la P.A.C. Cette année, je vais également effectuer 3 cultures différentes sur mes terres. Si je n’ai pas lu mes notices, je peux aussi perdre d’autres terres.

Et que dire de l’imbroglio autour de la définition des jachères. Le LAROUSSE définit une jachère comme « une terre non cultivée temporairement pour permettre la reconstitution de la fertilité du sol ». Seulement pour Telepac ce n’est plus cela. Si je ne déclare pas une jachère en S.I.E (Surface d’Intérêt Ecologique) elle devient prairie permanente et du coup je perds encore des surfaces à cultiver. Ubuesque

L’agriculture française réduit à une image d’Epinal ?

L’orientation européenne de cette nouvelle P.A.C est claire, nous devons produire moins et différemment. Je crois qu’il faut en effet produire différemment et nous le faisons déjà depuis des années mais pourquoi autant de zèle ? Pourquoi la France rajoute t’elle dans cette P.A.C une couche supplémentaire ?. L’agriculture française doit elle se résumer à une image d’Epinal des années 50 ? Doit on revenir à un modèle dont aucun salarié d’une entreprise ne voudrait en 2015 ? Je ne peux l’accepter, nous savons produire en quantité tout en garantissant la qualité des produits et en prenant soin de l’environnement.

Ne refaisons pas les mêmes erreurs commises dans les années 90 avec l’industrie. A l’époque l’heure était aux services, aux entreprises sans usine notre tissu industriel était négligé.  Vingt ans plus tard on constate les dégâts de la désindustrialisation.  Ne peut on pas arrêter en France de « pomper, toujours pomper » comme dirait Claude Piéplu et faire preuve d’un esprit rationnel, de ne plus être des shadoks mais des Gibis ?