Le juste prix des matières premières

Par Christian Pees le 5 Oct 2010

Le temps des prix bas semble révolu. Du moins pour l’instant. Illustration parfaite de la volatilité telle que je la décris depuis longtemps maintenant, les matières premières affichent désormais des tarifs à la hausse, après une longue période de creux.

Depuis cet été, médias et experts rivalisent donc de formules spectaculaires pour informer les consommateurs de cette nouvelle. Et les cris d’orfraie n’ont pas tardé à se faire entendre quant à ce “scandale alimentaire”.

Pourtant, il est nécessaire de souligner que des céréales à 200€/T sont un fait normal. Les marchés doivent impérativement s’habituer à la valeur réelle des choses. Dans un contexte de refonte de la PAC, les DPU vont  être fortement conditionnés à des normes environnementales… qui ont un coût.

Ensuite, autant une augmentation du prix du gaz, de l’électricité est entrée dans les mœurs et ne choque presque plus personne, autant une hausse des prix de l’alimentation est perçue négativement. Dans une société de plus en plus habituée au manger low-cost, il est considéré que les consommateurs ne pourraient accepter de se nourrir pour plus cher.

Enfin, je tiens à rappeler que l’impact du prix des matières premières sur le produit fini est souvent minime. Ainsi, le blé dans la baguette de pain ne représente que 8% de la valeur. Ce qui revient à dire que quand bien même celles-ci augmenteraient de 10%, la répercussion réelle chez le consommateur serait de 1%.

Dans quel monde ne s’offusquerions-nous pas de payer plus cher notre chauffage, notre lumière mais rechignerions-nous à payer plus pour nous nourrir, blâmant au passage les agriculteurs de se graisser la patte au détriment du pouvoir d’achat ? Entre la matière première et le produit fini, la chaîne est constituée de nombreux maillons et les paysans ne sont pas forcément ni les premiers ni les mieux servis…