La Chine, une volonté de fer…pour faire de l’argent !

Par Christian Pees le 29 Oct 2006

J’en étais resté à l’idée de centaines de millions de Chinois se déplaçant à vélo. Dépassée ! La voiture a envahi les villes, au point que leurs embouteillages n’ont rien à envier aux nôtres.Deuxième choc : l’horizon urbain est composé d’une forêt de grues qui ponctuent et trahissent l’essor insensé des infrastructures et de la démographie. C’est simple, Chaque grande ville côtière, en constante extension, est un méga-chantier. Le pays semble divisé en deux, d’une part les mégalopoles côtières au niveau de vie élevé et de l’autre des campagnes très pauvres. Entre les deux, le gouvernement fait construire des villes régionales intérieures pour y fixer la population et mieux répartir l’activité économique. Résultat : des cités fantômes, en construction au milieu de nulle part dans lesquelles on va transférer toute une population d’ouvriers.Villes fantômes et paillage du désert illustrent la gestion de la croissance à la chinoise. Le progrès nécessite des décisions ? Peu importe le prix à payer pourvu qu’elles soient appliquées. L’État a bâti un système volontariste, engagé dans une course effrénée au service d’un leitmotiv : faire de l’argent !La force de la Chine, c’est d’avoir su allier très rapidement pouvoir économique et pouvoir politique. La réelle implication du Parti s’allie à la redoutable vitalité et l’envie de réussir des Chinois. Le seul objectif de ce dynamisme collectif : “bouffer le monde” ! Pour preuve, leur débauche d’énergie pour améliorer leur quotidien : tous les chinois ont deux jobs !Sur le chemin du retour, à Hong Kong, au sortir de l’aéroport se trouvait un stand dénonçant les grandes exactions du gouvernement chinois : déportations, camps de travail… Je n’ai bien évidemment rien vu de tout cela sur le territoire chinois. La présence policière et militaire dans les villes étant même particulièrement faible (moins que chez nous sous statut vigipirate). Mais il ne faut pas être dupes, les chinois savent « recevoir ». Quand je repense au « paillage » du désert, je me dis que cela doit nécessiter beaucoup, beaucoup de bras… décidemment les Chinois n’ont pas fini de nous étonner…