La FAO n’a jamais dit qu’il était possible de nourrir la planète avec la seule agriculture biologique

Par Christian Pees le 9 Mai 2008

Je souhaite rappeler à ceux qui m’interpellent par leur commentaires accusateurs sur ce blog qu’il est impératif, avant de prendre la parole, de vérifier ses sources. Au risque de décevoir certains, la FAO n’a jamais dit qu’il était possible de nourrir la planète avec la seule agriculture biologique. Voici ce que disait M. Diouf en décembre 2007, afin de rectifier la rumeur selon laquelle le bio est la seule issue pour l’agriculture et l’alimentation mondiale.

« Le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, a déclaré aujourd’hui que la FAO n’avait aucune raison de croire que l’agriculture biologique puisse remplacer les systèmes agricoles traditionnels pour garantir la sécurité alimentaire mondiale.M. Diouf commentait des informations parues récemment dans la presse et les médias indiquant que la FAO approuvait l’agriculture biologique en tant que solution à la faim dans le monde. “Nous devons recourir à l’agriculture biologique et l’encourager”, a déclaré M. Diouf. “Elle produit des aliments sains et nutritifs et représente une source croissante de revenus, pour les pays développés comme pour les pays en développement. Mais il n’est pas possible de nourrir aujourd’hui six milliards de personnes, et neuf milliards en 2050, sans une utilisation judicieuse d’engrais chimiques”.

Riche d’enseignements, je vous conseille de lire l’intégralité du propos de M. Diouf. Vous pouvez retrouver sur le site de la FAO, à l’adresse suivante : http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000726/index.html

M. Diouf à raison, dans un contexte d’explosion démographique et de diminution de la surface cultivable mondiale, il est vain d’opposer les modes de productions, la solution agricole unique n’existe pas. Bien au contraire, qu’elles soient vivrière, bio, conventionnelle, raisonnée ou OGM, nous devons, au cas par cas, avoir l’intelligence d’appliquer la meilleure solution, en fonction des situations et de la réalité locale.

Une nouvelle fois, je tiens à souligner que l’agriculture mondiale ne peut se construire sur des visions idéologiques et doctrinaires.