Glyphosate: Sortons des postures politiciennes

Par Christian Pees le 20 Juin 2016

La Commission de Bruxelles après une troisième tentative, n’a toujours pas réussi à obtenir une majorité qualifiée des Etats membres pour le renouvellement de l’autorisation du glyphosate. Pourtant, après avoir réduit la durée d’approbation de 15 à 9 ans, elle demande, dans une dernière proposition de compromis, une simple prolongation de 18 mois dans l’attente des résultats d’études complémentaires. Pourtant, les autorités sanitaires allemandes – pays chargé de l’évaluation de la molécule – françaises (ANSES) et européennes (EFSA), ainsi que l’OMS et la FAO, ont toutes conclu à l’absence de raison de l’interdire.

Ce n’est, en revanche, pas le cas de certains « coformulants », molécules présentes dans les produits commerciaux, qui pourront faire l’objet d’éventuels retraits. Pourtant, le glyphosate est reconnu comme un désherbant qui entre dans les stratégies de production durable comme le non-labour et l’agriculture de conservation.

Urgence de sortir de l’impasse

Son interdiction remettrait en cause des pratiques en plein développement faisant partie intégrante de l’agroécologie et tout particulièrement du projet en faveur du stockage du carbone dans le sol dit « quatre pour mille ». L’actuelle autorisation expire au 30 juin. Il y a urgence à sortir de l’impasse dans laquelle la politisation du dossier a conduit.

Avec  Coop de France j’appelle le gouvernement français, qui s’est abstenu le 6 juin, à soutenir le 23 juin la dernière proposition de la Commission en cohérence avec les stratégies nationales en matière d’agroécologie et de lutte contre le réchauffement climatique.

La France qui s’apprête à fêter la nuit de l’agroécologie le 23 juin, ne peut, le même jour, donner un tel signe négatif à Bruxelles, en ne soutenant pas le prolongement, limité à 18 mois, d’un des outils de sa mise en œuvre.