Ce que nous attendons des Primaires à la Présidentielle 2017…

Par Christian Pees le 28 Avr 2016

Il ne se passe pas une semaine sans que nous apprenions l’entrée en lice d’un nouveau candidat pour les Primaires et les Elections présidentielles 2017.

La période qui s’ouvre, offre des opportunités d’échanges avec les candidats à la Mandature Suprême. C’est maintenant qu’ils préparent leur programme présidentiel et les modalités de réforme qu’ils appliqueront une fois au pouvoir … ou pas !

Mieux adapter la PAC aux enjeux du XXIème siècle

C’est aussi un moment pour nous, responsables agricoles, de mieux faire comprendre les spécificités de l’agriculture, de nos métiers… et d’évaluer si nos interlocuteurs iront vraiment au combat à Bruxelles pour changer l’orientation de la PAC !

Nous sommes plusieurs responsables agricoles à vouloir que la France redevienne force de proposition pour une PAC adaptée aux enjeux économiques et stratégiques du XXIème siècle.

C’est pourquoi et avant de rencontrer les autres candidats, je souhaite attirer leur attention sur le fait que nous attendons des propositions concrètes assorties de stratégie d’actions pour rallier une majorité au projet qui sera porté par la France.

Car l’action à mener est double :

  • définir des mesures en rupture avec la PAC actuelle, telles que des dispositifs intelligents de régulation des marchés agricoles ou d’aides ciblées sur les périodes de crise
  •  mettre au point une stratégie de reconquête d’alliances qui emporteront la majorité au Conseil des Chefs d’Etat de l’UE.

Si l’avenir de milliers d’agriculteurs est en jeu aujourd’hui, c’est aussi l’avenir de la Politique Agricole Commune qui se joue dans les mois à venir, et donc aussi celui du projet européen.

Il ne s’agit plus de déclarer au monde paysan que la PAC doit rester un pilier de l’UE, il s’agit de nous proposer un plan d’action.

Le volontarisme affiché par plusieurs candidats quant au leadership que la France doit retrouver dans la construction européenne est encourageant. Mais il est temps d’aller au-delà des mots pour entrer dans le vif du sujet s’agissant de la PAC.

Les constats et les objectifs sont partagés par le plus grand nombre. La crédibilité de Bruxelles en matière agricole s’érode chaque jour un peu plus faisant le lit des extrêmes et des eurosceptiques.

Le discours de Bruxelles sur le sérieux budgétaire, sur la recherche de « plus-value communautaire » ou d’efficience dans l’usage des fonds publics ne peut plus tenir quand, excusez-moi l’expression, on balance l’argent par les fenêtres quand les prix sont hauts et qu’on a trop peu de latitudes pour aider vraiment les agriculteurs quand la crise arrive.

La France doit se positionner pour redéfinir la PAC

Dans ce contexte, c’est à la France, 1er producteur agricole européen, de mener une action d’envergure pour redéfinir la PAC du XXIème siècle.

Une PAC qui ne doit plus être un plan d’accompagnement social de la casse de l’outil de production communautaire par le versement de rentes qui grèvent nos coûts de production.

Mais une PAC qui prenne véritablement en compte que les marchés agricoles sont chaotiques et que sans règles, sans régulations, les marchés ne fonctionnent pas comme dans la théorie économique.

Alors Messieurs les candidats, sachez que nous ne serons pas dupes des postures de communication qui ménagent la chèvre et le chou !