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Je m’étonne chaque jour de la charge que l’on fait peser sur l’agriculteur français...

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Le livre de Christian PEES, "L'arme alimentaire, les clés de l'indépendance"
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24 juin 2008

Le progrès est-il une tare en France ?

« Décevant », le sommet de Rome sur l’alimentation,
« Décevant », le vote des Irlandais,
« Décevant », le moral des ménages français qui plonge,
« Décevante », la hausse du prix du baril.
« Décevantes », les prévisions de l’INSEE sur la croissance française,
Notre avenir est-il si déprimant qu’il faille sombrer dans la dépression avant même d’y être réellement plongé ?
La récente débâcle des marchés financiers nous avait pourtant appris une chose : pour qu’une société (au sens propre comme au figuré) fonctionne, il faut de la « confiance ». Et la confiance procède d’une logique simple ; c’est estimer que ce que nous allons vivre demain, sera meilleur qu’aujourd’hui. Or, le moteur de la confiance s’alimente d’un seul carburant : le progrès. Et c’est là que le bas blesse. Face aux fortes mutations des communications, des biotechnologies ou encore des économies émergentes auxquelles nous sommes soumis, les peurs ressurgissent, et cette fois, il n’y a aucune vérité religieuse pour en proposer une lecture acceptable. La nature ayant horreur du vide, les opportunistes ont vite fait leur lit de ce nouveau champ à faucher. La France du « Risque zéro » écoute ces « prêcheurs de l’apocalypse » et plutôt que de croire dans un avenir meilleur, elle pense au contraire que « la décroissance » est une vertu, et le « principe de précaution », un droit de veto.
Depuis que l’homme est apparu sur cette terre, il s’est levé et a toujours marché vers plus de confort et de bien-être. Aujourd’hui, nous sommes face à un formidable défi : nourrir une planète tout en épargnant les ressources. Pour y arriver, deux solutions : le progrès ou la régression. Renvoyant dos-à-dos Malthus et Maslow, je n’ose imaginer l’humanité faisant marche arrière, remplaçant le tracteur par des bœufs et le téléphone portable par des signaux de fumée, non décidément je ne peux et ne veux pas y croire…

09 mai 2008

La FAO n’a jamais dit qu’il était possible de nourrir la planète avec la seule agriculture biologique

Je souhaite rappeler à ceux qui m’interpellent par leur commentaires accusateurs sur ce blog qu’il est impératif, avant de prendre la parole, de vérifier ses sources. Au risque de décevoir certains, la FAO n’a jamais dit qu’il était possible de nourrir la planète avec la seule agriculture biologique. Voici ce que disait M. Diouf en décembre 2007, afin de rectifier la rumeur selon laquelle le bio est la seule issue pour l’agriculture et l’alimentation mondiale.

« Le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, a déclaré aujourd’hui que la FAO n’avait aucune raison de croire que l’agriculture biologique puisse remplacer les systèmes agricoles traditionnels pour garantir la sécurité alimentaire mondiale.
M. Diouf commentait des informations parues récemment dans la presse et les médias indiquant que la FAO approuvait l’agriculture biologique en tant que solution à la faim dans le monde.
“Nous devons recourir à l’agriculture biologique et l’encourager”, a déclaré M. Diouf. “Elle produit des aliments sains et nutritifs et représente une source croissante de revenus, pour les pays développés comme pour les pays en développement. Mais il n’est pas possible de nourrir aujourd’hui six milliards de personnes, et neuf milliards en 2050, sans une utilisation judicieuse d’engrais chimiques”.

Riche d’enseignements, je vous conseille de lire l’intégralité du propos de M. Diouf. Vous pouvez retrouver sur le site de la FAO, à l’adresse suivante : http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000726/index.html

M. Diouf à raison, dans un contexte d’explosion démographique et de diminution de la surface cultivable mondiale, il est vain d’opposer les modes de productions, la solution agricole unique n’existe pas. Bien au contraire, qu’elles soient vivrière, bio, conventionnelle, raisonnée ou OGM, nous devons, au cas par cas, avoir l’intelligence d’appliquer la meilleure solution, en fonction des situations et de la réalité locale.

Une nouvelle fois, je tiens à souligner que l’agriculture mondiale ne peut se construire sur des visions idéologiques et doctrinaires.

15 avril 2008

Les émeutes de la faim se décident à Chicago

On croyait la spéculation sur les matières premières agricoles révolue, elle s’avère  l’une des causes premières des émeutes de la faim. Trompés par l’illusion d’une mondialisation libérale apportant une nourriture abondante et accessible pour tous, partout dans le monde, les français découvrent avec stupeur que la famine s’abat sur les populations les plus pauvres en Egypte, à Haïti, au Cameroun, au Mexique, en Indonésie... On attendait les conflits du pétrole puis del’eau, c’est l’alimentation qui aujourd’hui bouscule les équilibres mondiaux.

Cette situation dramatique trouve son origine dans une conjonction de facteurs identifiés qui ont entraîné une hausse des prix des matières premières agricoles. Selon l'index FAO, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 58% en un an, de 131% pour les céréales.
Les analyses de cette crise insistent peu sur le rôle insidieux de la spéculation. Jusqu’à présent, les politiques agricoles comme la PAC ou le Farm Bill américain avaient eu pour vertu de stabiliser les marchés agricoles et alimentaires et les mettre à l’abri des spéculateurs. Or la libéralisation galopante à ouvert la boîte de pandore : dans un contexte de hausse, les spéculateurs se sont reportés de l’immobilier, touché par la crise des subprime, vers un secteur agricole orienté à la hausse et connaissant de fortes fluctuations. La conséquence ne s’est pas fait attendre et l’opportunisme financier n’a fait qu’accentuer les écarts de prix ; les émeutes de la faim trouvent aussi leur origine à la bourse de Chicago ou de Londres.

21 mars 2008

Sortons l’agriculture de L’OMC

« Est-ce que l'OMC est bien le lieu pour discuter des questions liées à l'agriculture et l'alimentation ? ", s’est interrogé  Michel Barnier ce lundi à Bruxelles.
Je salue là le courage de notre Ministre de l’Agriculture qui ose poser la question qui fâche. En effet, est-il encore possible d’intégrer sur le même plan, dans les négociations internationales, l’industrie, les services et l’agriculture ?
La réponse est NON. Il faut gérer l’agriculture mondiale comme un secteur spécifique, pourquoi ?
Dans nos sociétés de confort, dans nos villes ou l’abondance est reine, nous avons oublié que 850 millions de personnes souffrent toujours de la faim dans le monde et que la première urgence de l’homme est de se nourrir.
En cette période de hausse des prix des matières premières agricoles et de diminution des stocks mondiaux de céréales, Si dans nos pays riches, la polémique porte sur la baisse du pouvoir d’achat, pour les pays les plus démunis, les alertes à la famine se multiplient.
D‘ici à 2 générations, nous devrons nourrir 3 milliards de bouches supplémentaires. Il faut produire plus sur une petite planète menacée par les changements climatiques. Nous n’avons d’autre choix que d’appréhender l’agriculture autrement, réfléchir de manière globale et dépasser les égoïsmes nationaux.
L’agriculture est un secteur hautement stratégique et une pénurie agricole n’est pas comparable à une pénurie de biens industriels. Si l’on peut se passer de Playstation, nous ne pouvons faire l’impasse sur l’alimentation. Les français ont la mémoire courte, il n’est pas si loin le temps ou notre combat était l’autosuffisance alimentaire.
Enfin, il faut cesser de considérer l’agriculture comme une variable d’ajustement politique dans les tractations commerciales internationales. L’Europe et la France ont la fâcheuse tendance à lâcher sur l’agriculture pour espérer gagner sur l’industrie et les services. Ce n’est pas les conclusions du très politique « Grenelle de l’Environnement » (OGM contre nucléaire) qui vont redonner confiance en la matière aux agriculteurs français.

Les solutions existent. Au sein du Mouvement pour une Organisation Mondiale  de l’Agriculture nous appelons à la création d’une régulation mondiale spécifique à l’agriculture. Je vous invite vivement à prendre connaissance de nos travaux et de nos conclusions sur le site du  MOMA : http://www.momagri.org/.

02 mars 2008

Défense de l’agriculture : USA 1 – France 0

A quelques jours d’intervalle, j’ai pu mesurer l’écart qui sépare la France des Etats-Unis en matière de politique agricole. Quand certain font des promesses sans agir, d’autres agissent sans promettre… Question de culture me direz vous !

Acte 1. J’accueillais à Pau, le 7 février dernier Mme B. Berry, Ministre Conseillé aux Affaires Agricoles de l'Ambassade des Etats-Unis en France. Lors de notre AG, elle a clairement démontré l’importance stratégique que son pays accorde à l’agriculture. Pragmatiques et sûrs de leur fait, les américains ne s’embarrassent pas de précautions pour nous annoncer que le prochain « Farm Bill 2008-2012 » va maintenir toutes les mesures de soutien à la production comme aux exportations agricoles.
Autre différence avec la France, en matière de protection de l’environnement, les américains soutiennent ouvertement les OGM. car pour eux, ils permettent de réduire l’utilisation des pesticides. Mme B. Berry à conclu en évoquant le développement fulgurant des biocarburants US et les mesures incitatives mises en place par son gouvernement.

Acte 2. Salon de l’Agriculture ce week-end à Paris. Séance de rattrapage pour M. Sarkozy, après un Grenelle de l’environnement qui a plutôt déstabilisé le monde agricole. Notre Président a une nouvelle fois pris « l’engagement officiel d’une refondation de la politique agricole commune ». Il est temps, malgré un autre discours plein de promesses prononcé au SPACE à Rennes il y a peine 5 mois, la France agricole entend les mots mais attend toujours les actes.

Mesure de soutient et protectionnisme sans complexe d’un côté, promesses de rupture sans action concrète de l’autre. Il y a des jours ou le « farmer » me semble mieux loti que le paysan français. Il est vrai que les USA à la différence de la France ou de l’Europe, considèrent l’alimentation comme une arme, c'est pourquoi ils ont toujours protégé leur agriculture. Il y a quelques mois, j’écrivais dans mon livre : « Chez nous, il est à craindre que les "politiques" laissent l'agriculture au "placard" aussi longtemps que le spectre du manque et de la hausse des prix n'apparaîtra pas »... Au vu de la polémique sur le pouvoir d’achat, il me semble que nous sommes en train de franchir la ligne rouge.

19 février 2008

Nicolas Hulot, quand le militant fait appel à la raison… Les scientifiques lui répondent !

J’ai lu ce matin sur le site de l’AFIS (l’Association Française pour l’information scientifique) la réponse des scientifiques à la tribune de Nicolas HULOT intitulée « OGM : la raison contre les préjugés » parue dans l’édition du 17 janvier 2008 du quotidien Le Monde.

M. Hulot, écologiste politique notoire, invoquant « la raison », il y a là une contradiction qui m’interpelle. C’est surement que M. Hulot y trouve son intérêt : il y a dans le mot « raison » une dimension subjective qui lui autorise une grande liberté dans l’appréciation de la vérité scientifique.

Quand M. Hulot déclare dans son article que : « le processus du Grenelle de l'environnement a permis une concertation tranquille et raisonnable entre les représentants de la société pour permettre à la décision politique de s'appuyer sur l'avis d'une haute autorité scientifique, dans le souci de l'intérêt collectif », encore faudrait-il écouter lesdits scientifiques qui ne me semblent pas du tout d’accord avec M. Hulot !
Je vous recommande donc de vous faire une opinion en lisant leur déclaration à l’adresse suivante : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article827

15 février 2008

Retour gagnant de l'Ukraine

Fin janvier, je faisais partie de la délégation qui accompagnait Michel Barnier, notre Ministre de l’Agriculture lors de sa visite officielle en Ukraine. Jean-Jacques Hervé, un français installé sur place (il conseille le Ministre ukrainien de l’agriculture) nous a dressé le portrait de cette zone en plein développement.
Depuis l’effondrement de l’économie soviétique en 1991 et la crise de la fin des années 90, la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan connaissent un renouveau agricole sans précédent. Nous assistons à la naissance d’une super puissance céréalière aux portes de l’Europe. L’Ukraine à elle seule offre un potentiel de 42 millions ha cultivables (33 millions d’ha en France), on imagine sans mal la formidable promesse que ses « terres noires » recèlent.
A côté des petites et moyennes exploitations de 3 à 4 000 ha, on trouve des « Agro-holding » pesant plusieurs centaines de milliers d’ha… et si les rendements ne sont pas encore au top, les marges elles, n’ont pas grand-chose à envier à nos exploitations. D’ailleurs nombre de coopératives et entreprises occidentales dont Euralis prennent position sur ce marché prometteur. Le gouvernement y voit son intérêt, c’est pour le pays une manière rapide d’acquérir des technologies mais aussi de s’ouvrir les portes du marché de l’exportation notamment vers l’OCDE et l’OMC.

Ce qui me frappe dans ces pays, c’est l’envie de produire, une forte volonté affichée par les ukrainiens qui contraste avec le désintérêt croissant dont l’agriculture souffre dans notre pays.
Les français sont-ils conscients qu’abdiquer sur leur agriculture, c’est ne plus avoir de garantie sur la quantité et la qualité de ce qu’ils trouveront demain  dans leur assiette ?

16 janvier 2008

Triste Grenelle. OGM, quand la démagogie l’emporte sur la démocratie

Il n’y aura donc pas d’OGM en France la saison prochaine, la décision prise sera lourde de conséquences. Alors que certains inconscients fêtent une victoire à la Pyrrhus, d’autres, scientifiques, agriculteurs ou simples citoyens pleurent une promesse de progrès mis à terre.

Démagogie. M. Fillon ne s’y est pas trompé quand il annonçait le 13 janvier dernier :
«Oui, c'est une décision politique». En effet, M. Sarkozy a tranché et activé la clause de sauvegarde, nouvel avatar européen du principe de précaution cher à nos hommes politiques français. En France quand on ne sait pas, on sort le parapluie et on regarde ailleurs… vers les municipales par exemple. Il est vrai qu’opportunisme électoral et courage politique ne font pas bon ménage, comme il est vrai que l’avenir de l’agriculture française ne pèse pas lourd face au jeun médiatique d’un José Bové. Triste pays où «la politique concernant les OGM est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des politiques», titrait en décembre le très sérieux journal scientifique « Nature Biotechnology ».

Hypocrisie. La France va une nouvelle fois se retrouver à contre courant de l’histoire. Alors que le monde entier explore et exploite le potentiel des biotechnologies, la France va se trouver dans une situation ubuesque. Elle interdit la culture des OGM sur son sol mais autorise l’importation des OGM pour nourrir ses animaux d’élevage ! Je reprends à mon compte le propos de Jean Bizet, quand il dénonce le retrait des OGM : « La démagogie l’emporte sur la démocratie ».
Il est vrai que nommer le sénateur Jean-François Legrand, opposant notoire aux biotechnologies, comme Président du Comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les organismes génétiquement modifiés laissait peu d’ambiguïté quant au résultat final.

06 décembre 2007

La terre vue du ciel ou l’agriculture vue des villes

Il ne faut pas confondre distance et hauteur. A trop prendre de la distance avec la réalité, M. Yann Arthus Bertrand, en a perdu de la hauteur. Mardi soir dernier, lors de son émission « La terre vue du ciel » consacrée à l’agriculture,  nous avons assisté une nouvelle fois à une caricature pathétique et alarmiste  de l’agriculture française.
Si les constats de Yann Arthus Bertrand sont justes : « Nous avons besoins des agriculteurs », « Il va falloir nourrir 3 milliards d’habitant supplémentaires d’ici 2050 »… Les solutions qu’il nous propose sonnent creux. Nourrir toute la planète avec du bio, abandon immédiat de tous produits phytosanitaires, circuits courts (AMAP), suspicion sur les OGM… bref tous les poncifs sur l’agriculture moderne y sont passés.
Au final, de bien belles images… d’Epinal : les bovins paissent dans les vertes pâtures de moyenne montagne, les cochons sont sur paille fraîche, les variétés anciennes de tomates finissent de mûrir au soleil  sur un escalier de pierres sèches… Mais pourquoi porter aux nues l’agriculteur qui nourrit 100 bouches et stigmatiser celui qui en nourrit 1000 ? En quoi ce dernier serait-il coupable de produire en quantité et en qualité des produits sains à un prix accessible ? Cette vision « boboïsante » de l’agriculture vue des villes m’effraie. Cette nostalgie des modes de productions des années 50 laisse augurer du fossé qui se creuse entre consommateurs des villes et producteurs des champs. Alors s’il vous plaît M. Yann Arthus Bertrand, ne réduisez pas nos campagnes Françaises  à un écomusée pour urbains en mal de chlorophylle.
M. Yann Arthus Bertrand, à chacun son métier, laissez les agriculteurs nourrir la France et continuez à nous faire rêver avec de belles images… vues du ciel.

29 octobre 2007

Pour toucher les français, il faut s’en prendre à leur porte-monnaie

La hausse actuelle des prix des matières premières agricoles aura au moins une vertu : elle rappelle brutalement aux Français à quel point notre pays a besoin de son agriculture pour garantir l’alimentation de ses concitoyens.

A l’heure où le Grenelle de l’Environnement prend fin, les français découvrent avec stupeur que l’abondance alimentaire et les prix bas des denrées ne sont pas éternellement garantis. Et là, il n’est plus seulement question d’évoquer les négociations à l’OMC ou des notions d’indépendance alimentaire que certains pouvaient juger aussi lointaines que théoriques. Nous sommes dans le concret et le quotidien : lait, beurre, céréales, viandes… bref, les produits de base de notre alimentation viennent de subir de brusques augmentations, ça fait mal au porte-monnaie d’autant plus ce n’est pas fini !

La faute à qui ? Tout simplement à une offre qui peine à satisfaire une forte demande. D’un côté les aléas climatiques perturbent et amoindrissent les récoltes de l’autre, une demande plus forte des pays en croissance à laquelle s’ajoute une concurrence « food versus fuel » alimentée par la demande mondiale sur les biocarburants.
Au final, un marché agricole mondial livré à lui-même avec à la clef rareté et pénuries. Le temps de la stabilité des prix agricoles et des produits alimentaires semble s’éloigner à grand pas… la foire d’empoigne ne fait que commencer !

04 octobre 2007

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Hier en pleine page dans la presse nationale, nous avons interpellé directement Nicolas Zarkozy sur l’importance de la décision qu’il va devoir prendre sur la culture des OGM en France.
Nous avons prolongé cette action à l’Assemblée Nationale, afin d’alerter les députés et la presse sur l’avenir des biotechnologies en France. Nous avons reçu le soutien de nombreuses personnalités politiques comme Louis Giscard d’Estaing, François Sauvadet ou Jean-Yves Le Déaut. Alors qu’un député présent nous confiait que les français ne « savent pas réellement ce que sont les OGM », il est urgent de rappeler à tous les enjeux qui se cachent derrière le gel des OGM ; cela conduirait inéluctablement notre agriculture à l'isolement, puis à une dépendance technologique et alimentaire des agriculteurs et des consommateurs français. Pour ceux qui n’ont pu lire cette « lettre ouverte » au Président, je vous livre ci-dessous le contenu exhaustif.

Monsieur le Président, ne cédez pas aux « marchands de peur » !

Monsieur le Président, vous nous avez promis une France du progrès et de l’innovation ainsi que le « maintien d’une agriculture de premier plan en France et en Europe », projet auquel nous adhérons totalement.
Pour répondre aux défis d’une agriculture nourricière, durable et respectueuse de l’environnement, nous sommes convaincus que la France a un besoin vital des biotechnologies. Elles autorisent le développement d’une agriculture qui allie performance économique et performance écologique.

Monsieur le Président, nous sommes au coeur du monde agricole français, rassemblés autour d’un objectif commun : répondre aux besoins du 21ème siècle, c'est-à-dire produire plus et mieux. Face à la pression de groupuscules qui ont choisi la violence pour exprimer leurs idées et à la stratégie de hold-up médiatique développée par ces « marchands de peur », nous tenons à faire entendre notre voix.

Monsieur le Président, entendez l’avis de l’immense majorité des scientifiques et des experts, compétents et rigoureux, qu’ils exercent à l’INRA, l’AFSSA, la CGB ou l’EFSA.
Partout dans le monde, ils estiment qu'à ce jour :
Les OGM autorisés ne présentent pas de risques pour la santé humaine.
Au contraire, ils améliorent la qualité et la sûreté des aliments.
Ces OGM sont aussi un progrès pour l’environnement. En élargissant les défenses immunitaires de nos plantes, ils permettent de limiter le recours aux pesticides.

Monsieur le Président, ne sacrifiez pas l’agriculture française. Tout « gel » sur les OGM conduirait inéluctablement notre agriculture à l’isolement, puis à une dépendance technologique et alimentaire des agriculteurs et des consommateurs français.

L’avenir agricole et alimentaire de notre pays ne peut se construire sur des valeurs de régression et de repli sur soi. En Europe, comme partout dans le monde, la culture des OGM alimente une croissance verte. La France, 3ème puissance agricole mondiale, doit y prendre une part active.

Monsieur le Président, depuis toujours, la France aura été dans le monde le Pays des Lumières et de la résistance à l’obscurantisme. Vous n’avez pas le droit aujourd’hui, de tomber dans le piège tendu par les « marchands de peur ».

ORAMA

ORAMA est l'Union qui fédère l'Association Générale des Producteurs de Blé (AGPB), l'Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) et la Fédération Française des Producteurs d'Oléagineux et de Protéagineux (FOP). Cela représente 325 000 exploitations qui mettent en valeur 14 millions d'hectares.

01 octobre 2007

Ne laissons les « marchands de peurs » gouverner

Dans son article « Le nouveau totem des écolos », Eric le Boucher, journaliste au quotidien « Le Monde », nous livre une analyse (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-961127,0.html) qui me rassure sur la capacité de la presse française à décoder les petits « arrangement entre amis » qui se trament au sein du Grenelle de l’Environnement.

M. Borloo et ses nouveaux amis écolos se trouvent ici dénoncés dans leurs grandes manœuvres. OGM, nucléaire, CO2, automobile… Eric Le Boucher décortique et condamne le fond de commerce des nouveaux « marchands de peurs » qui par obscurantisme prêchent la décroissance et la régression.

Pourtant, une croissance associant écologie et performance économique est possible en France. Hélas, je ne vois pas, dans les propositions de M. Borloo et de ses amis « régressistes » ce qui va créer de l’emploi et de la richesse pour notre pays. Nous attendions le progrès, nous n’avons que repli sur soi. La France des Lumières, Diderot et son discours de la raison me semble appartenir à l’histoire d’un autre pays.

23 septembre 2007

Gel des OGM, nous ne sommes pas dupes !

Faisant fi de tous les principes démocratiques, M. Borloo, Ministre de l’Ecologie a laissé entendre, en marge du Grenelle de l’Environnement, que « le gouvernement s'apprête à geler les cultures transgéniques ainsi que la commercialisation des semences OGM en France dans l'attente d'une nouvelle loi ».

Que doit-on penser de ce gouvernement, quand en moins de 12 heures, François Fillon nous assure que concernant le moratoire sur les OGM : « la France veillera à ne pas s'isoler du reste du monde sur ces questions », M. Borloo décrète unilatéralement que le gel des OGM en France est une affaire entendue et enfin M. Barnier annonce à Tours que rien n’est joué ? Fausse cacophonie gouvernementale pour une reculade politique savamment orchestrée ! J’ai bien peur qu’une fois de plus, l’agriculture ait servi de variable d’ajustement dans une négociation « off » : « Je sacrifie les OGM contre le nucléaire ».

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Sur la question des OGM, M. Borloo n'a fait que prendre la mesure du degré d'implication du public et des organisations altermondialistes. Comme le disent les gamins, « c’est celui qui dit, qui est » et au petit jeu du lobbying et du hold-up médiatique, ce sont toujours les écologistes qui gagnent.
A défaut de prises de parole courageuses et pédagogiques, c’est l’autorité qui sort bafouée de ce simulacre de démocratie. Où sont nos élites politiques, patronales, syndicales ? Qui a tenté d’expliquer au français les bénéfices de certains OGM pour leur santé, leur alimentation et leur environnement ?

Les grands perdants sont une nouvelle fois les agriculteurs. Cette victoire à la Pyrrhus ne présage rien de bon pour la France, son agriculture et ses consommateurs. A quand un « Grenelle de l’Agriculture » ?

12 septembre 2007

Oui, M. le Président, l’agriculture française a besoin de ruptures !

On nous a dit et répété que Jacques Chirac était le dernier président à préserver les intérêts des agriculteurs en France. Hier, lors du SPACE à Rennes, Nicolas Sarkozy vient d’asséner un fort démenti à cette assertion.
Quelle que soit sa couleur politique, force est de constater que l’agriculteur français sort renforcé du discours du chef de l’état. Un certain nombre de vérités ont été dites :
Oui, la vocation première de l’agriculteur est de nourrir son pays,
Oui, un agriculteur doit pouvoir vivre de sa production,
Oui, la PAC de 1992 a placé l’agriculture française sous perfusion,
Oui, il faut aujourd’hui, produire plus… et plus propre,
Oui, il faut innover pour réduire l’utilisation des pesticides et engrais,
Oui, la France dispose d’atouts exceptionnels pour développer son agriculture,
Oui, la France et l’Europe doivent défendre leur indépendance alimentaire,
Oui, il faut réformer, dès maintenant puisque le contexte économique et politique le permet… par la rupture, si le cœur vous en dit M. le Président !

Les agriculteurs français ont un nouveau patron, gageons que les bonnes intentions ne s’arrêteront pas aux bonnes paroles.

07 septembre 2007

Sur le terrain, la pression monte…

Nous y sommes, l’heure de vérité a enfin sonné. Des mois de préparation, d’affrontement physique et verbal, d’info. et d’intox. Pendant un mois et demi, désaccords et luttes d’influence doivent céder la place à l’union sacrée…
Non, ce n’est pas du Grenelle de l’Environnement dont je parle, mais bien sûr de notre Coupe du monde de rugby ! Mon propos n’est pas si anodin qu’il y paraît, bien que sur le sujet et me concernant, la passion pourrait vite l’emporter sur la raison.
La force et la particularité du rugby, sport de combat, c’est sa capacité à transcender l’individu au service du collectif, oeuvrer pour un objectif commun, jouer dans les règles et dans le respect d’autrui… Belle métaphore à l’heure où « anti » et « ultra » s’opposent sans foi ni loi sur le terrain agricole mondial.

Au fond, ce n’est peut-être pas un hasard si chez nous, dans le Sud-Ouest, en terre d’ovalie, un fort esprit coopératif anime nos campagnes…
Ne cherchez à savoir où je serai ce soir à 21H00… Maintenant, place aux artistes et allez les bleus !

03 septembre 2007

Vers une « agriculture écologique intensive » selon Michel Griffon

Ce que j’apprécie, chez Michel Griffon, c’est sa capacité à voir plus loin, plus large, à pousser la réflexion, pointer les risques mais aussi proposer les solutions.
Les tensions que connaît actuellement le monde agricole donnent un relief particulier aux  propos de Michel Griffon… Flambée des prix agricoles, radicalisation du débat sur les OGM, à l’approche du « Grenelle de l’environnement », l’agriculture fait la une de nos journaux. Question de conjoncture me direz-vous ? Pas seulement, je partage avec M. Griffon l’idée que derrière ces soubresauts se cache une crise plus structurelle nécessitant la mise en place d’une politique mondiale agricole.

Michel Griffon, est un expert reconnu pour ses compétences situées à la confluence de l’agronomie et de l’économie. Je vous conseille la lecture de son dernier ouvrage, « Nourrir la planète », au fil des pages, un constat s’impose : « Nous devons doubler la production mondiale d’ici à 2050. ». Pour y parvenir, il nous propose un concept novateur : « Une agriculture écologique intensive permettant de répondre durablement aux besoins futurs. ».  Vous souhaitez en savoir plus, je vous engage à lire son analyse dans la rubrique ci-contre.

30 août 2007

Réponse aux derniers commentaires

Il est vrai qu’il y a 20 ans nous avons connu des prix similaires à ceux d’aujourd’hui, le maïs se vendait alors autour d’1,5 francs le kilo. Ce n’est pas tant l’actuel coût élevé des matières premières qui m’inquiète que le contexte dans lequel cette flambée s’inscrit. Petit rappel, en 1992, il a fallu une refonte de la PAC pour que les prix des produits alimentaires s’orientent à la baisse.
La donne n’est plus la même aujourd’hui, sur le long terme des éléments structuraux posent problème. Premièrement, la mort annoncée de la PAC et son effet régulateur va laisser place à la dure loi des marchés et à ses incertitudes. Deuxièmement, l’explosion de la démographie mondiale va entraîner une forte demande de denrées alimentaires. La raréfaction de la surface agricole dans le monde aggravant ce phénomène. Troisièmement la concurrence entre productions agricoles destinées à l’alimentation et à l’énergétique va s’accroître. Bref l’agriculture mondiale est face à des enjeux dont peu de gens semble mesurer la portée.

Pour ce qui est de la diminution de la part de l’alimentaire dans le budget des familles françaises, je constate avec vous qu’en 25 ans nous sommes passés de 20 % à 13%... Vous imaginez bien que je suis le premier à le déplorer.

16 août 2007

Hausse des prix, ne laissons pas le marché décider qui mangera ou pas demain

Inondations en Angleterre, sécheresse en Europe du Sud et en Australie, boum des biocarburants aux USA… Les stocks mondiaux de matières premières agricoles sont au plus bas depuis 25 ans. Cette année, l’Australie n’a produit que 9,5 millions de tonnes de blé au lieu des 25 de l’an passé ! Aussi rapidement que fondent les stocks mondiaux, les prix des matières premières agricoles s’envolent. La tonne de maïs se négocie autour de 218 € alors que le l’ai connu à 90 il y a quelques mois. Je ne peux m’en plaindre, nous sortons de 10 années de baisses consécutives des revenus des agriculteurs.
Ce qui me tracasse, c’est l’inévitable hausse de 3 à 5 % du coût des produits alimentaires que le consommateur va devoir encaisser à la rentrée, la pilule va avoir du mal a passer !

Quand les prix sont bas, c’est le revenu de l’agriculteur qui trinque, quand ils sont orientés à la hausse, c’est le porte monnaie du consommateur qui se vide. La raison de ce yo-yo ? Nous sommes dans l’absurdité d’un marché livré à lui-même. Aucune régulation ne vient juguler la fluctuation des stocks et donc des coûts. Le marché de l’alimentation mondiale est fragile, trop fragile. Nous sommes à la merci des aléas climatiques, économiques et politiques… Et à ce petit jeu, c’est toujours le plus pauvre qui trinque.

Comme je le préconise au sein du MOMA (voir le lien ci-contre), il faut une régulation mondiale des matières agricoles et des denrées alimentaires. Nous ne pouvons nous contenter de gérer au sein de l’OMC les échanges commerciaux agricoles et agroalimentaires comme les autres secteurs économiques. Pourquoi ? L’alimentation est le seul de ces secteurs à être vital pour la subsistance de l’humanité ! Nous ne pouvons laisser la loi du marché décider qui mangera ou pas demain !

23 juillet 2007

Ne pas confondre politique agricole commune et revenus des agriculteurs

Suite à l’article parut dans « Le Monde » du 12 juillet dernier et intitulé « Le revenu des agriculteurs français est constitué à 77% de subventions publiques » (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-934556,0.html), j’ai pu lire un certain nombre de commentaires qui m’affligent. Certains de nos concitoyens pensent que puisqu’ils perçoivent des aides, les agriculteurs devraient être fonctionnarisés ! A ce propos, j’aimerai rappeler quelques points essentiels :

Les aides versées aux agriculteurs sont la conséquence de la PAC de 1992. Pour que les prix des matières premières agricoles puissent baisser, une compensation financière leur a été versée. Ce système est pervers : nous avons développé une agriculture assistée financièrement et il entretien de fait une dépréciation artificielle des prix agricoles. Plutôt que de toucher des aides, les agriculteurs français souhaitent que leurs productions leurs soient payées le juste prix.

L’effet bénéfique, ce sont les consommateurs qui en bénéficient car ils payent moins cher leurs denrées alimentaires. Pour autant, cette différence entre les coûts de production et le prix payé est répercutée dans leurs impôts.

Enfin, restons décent quand on parle d’aides au revenu agricole. 40 % des exploitations procurent un revenu par famille inférieur au smic et pour 5 % d’entre elles, un revenu carrément négatif, pour des semaines de 50, 60 voire 70 heures ! Pas de RTT, ni de retraite à 55 ans…

Les réflexions que j’ai lues viennent me rappeler le fossé qui existe toujours entre agriculteurs des champs et consommateurs des villes. Les uns mangent les productions que cultivent les autres et pourtant peu de signes de compréhension ou de respect à l’horizon. Parlons-nous !

04 juin 2007

Je suis fier d’accueillir sur mon blog les propos de Joël de Rosnay, un homme éclairé

Joël de Rosnay nous fait l’honneur de nous guider dans le décodage de plus en plus complexe de ces techno-sciences qui effraient, tant il est vrai qu’elles se trouvent au carrefour des grandes interrogations qui agitent l’« homo urbanus », en ce début de 21ème siècle. Pourquoi tant d’agitation autour de la question de progrès ? C’est que nous touchons là aux domaines éthique, politique, économique et scientifique. Une complexité nouvelle sur laquelle les médias dopés aux nouvelles technologies nous interpellent à chaque instant.
Alors, les biotechnologies et demain les nanotechnologies sont-elle un progrès ou une régression ? Je laisse le soin à M. de Rosnay de nous faire la démonstration.
Je pense que cette question nous renvoie à l’idée que chacun se fait de la place de l’homme sur notre planète. En sommes-nous les locataires, au même titre et au même niveau que les autres espèces animales ou végétales, comme le pense les partisans de l’écologie fondamentaliste qui prônent un arrêt de la croissance ? Ou, comme je le pense, nous comportons-nous plutôt en propriétaires ?
Ce statut de monopole sur les autres espèces, s’il nous donne des droits, il nous assigne également un devoir impératif dont nous venons tout juste de prendre conscience. Après quelques milliers d’années d’évolution effrénée, l’homme est sommé de construire son futur en harmonie avec sa planète sous peine d’obérer son avenir à un horizon qui n’est pas si lointain.
Et c’est là que je rejoins Joël de Rosnay, c’est en ce sens que nous avons un besoin impératif de l’innovation, c’est pour cela que nous devons faire confiance à la recherche pour qu’elle découvre aujourd’hui les modes de vie, de consommation et de production plus propres que nous mettrons en oeuvre demain dans nos maisons, nos champs et nos entreprises.
Je vous incite vivement à partager cette réflexion en lisant ci-contre, la tribune de Joël de Rosnay.

28 mai 2007

Nourrir le monde… ou nourrir la polémique ?

Pour répondre au commentaire de Marc Pleysier du 23 mai.

Toutes mes recherches sur le sujet le confirme : il va falloir doubler la production alimentaire mondiale d’ici à 2050 pour réussir à nourrir 9 milliards de personnes.
Or, le postulat de départ du film « We feed the World » affirme le contraire ; Jean Ziegler nous apprend que nous bénéficions actuellement « d’une production agricole mondiale pouvant nourrir 12 milliards d’individus ». Pour tirer les choses au clair, j’ai cherché à savoir la vérité auprès de différents organismes et experts.
Voici ce que l’on peut lire sur le site de la FAO (organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) : « La population mondiale va passer d’environ 6 milliards de personnes aujourd’hui à plus de 8 milliards d’ici 2030. Il faudra donc, d’ici 30 ans, nourrir 2 milliards de personnes en plus. La presque totalité de cet accroissement démographique se produira dans les pays en développement. La FAO prévoit que la production alimentaire mondiale devra augmenter d’environ 60 pour cent pour nourrir la population mondiale en expansion. »
ftp://ftp.fao.org/AGL/AGLW/docs/kyotofactsheet_f.pdf

Philippe Chalmin, économiste reconnu, nous explique lui aussi, dans un article du Nouvel Observateur en date du 24 mai 2007 que « Pour pouvoir nourrir toute la population, la production agricole devrait logiquement être multipliée par deux d'ici à 2050 ».

Autre expert, Michel Griffon, agronome de réputation internationale, affirme dans un article du Figaro parut en novembre 2007 : « A l'horizon 2050, dans un peu plus d'une génération. Le problème est que la population mondiale va s'accroître de 3 milliards de personnes, qu'il faudra doubler la production alimentaire et donc augmenter les surfaces cultivées, alors que l'espace planétaire est déjà très utilisé. »

Dans le même temps, Erwin Wagenhofer, le réalisateur de « « We feed the World » affirme lui dans une interview : « Je ne sais pas exactement ce que c’est que la vérité. S’il y a 6 milliards d’individus sur la terre, alors il y a 6 milliards de vérités ». Pour ma part, je ne peux me satisfaire de cette allégation alors que 854 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde (Source FAO). La réalité de notre monde est déjà assez dure pour que l’on en rajoute. Faire naître des polémiques ne fera jamais progresser la lutte contre la faim.

21 mai 2007

Mme Lagarde, bienvenue en agriculture

Christine LAGARDE est notre nouvelle Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, je l’en félicite. Représentée par un Ministère à part entière, l’agriculture conserve toute son importance dans la politique de développement française.
Notre nouveau ministre présente un profil différent de ses prédécesseurs, plus international et plus stratégique, Christine Lagarde devrait nous permettre de faire face à 2 défis majeurs pour l’avenir de l’agriculture française et européenne. Le premier enjeu concerne le bouclage des négociations de l’OMC où l’Europe s’annonce comme la grande perdante ; nous ne pouvons nous satisfaire de ce résultat (voir mon post du 23 avril dernier). Le second, touche à la réforme de la PAC dont l’importance est vitale pour la France : un important point d’étape à mi-parcours est prévu en 2008 en vue de l’échéance de 2013.
Les politiques nationales agricoles ont vécu, l’agriculture moderne exige une véritable vision stratégique globale à l’échelle de la planète. Rompue aux négociations internationales, j’espère que Mme Lagarde, va porter haut les qualités de l’agriculture française.

C’est au nom des 15 000 adhérents et des 3 1000 salariés du Groupe EURALIS, que je souhaite bienvenue en agriculture à Mme Lagarde. Je me joins à eux pour inviter cordialement Mme Lagarde à venir découvrir, notre réalité quotidienne, ici dans le Sud-Ouest, grande terre d’agriculture.

16 mai 2007

We feed the World, la vérité des chercheurs n’est pas celle des cinéastes

J'ai assisté hier, à Orthez, à une projection publique de « We Feed The World », un film choc. Dans la presse, le réalisateur Erwin Wagenhofer l’avoue : « Je suis un fan du subjectivisme », en effet, les images accusent un parti pris très fort. Le constat est factuel  et aucune analyse n’est proposée. Le spectateur plonge brutalement dans les coulisses peu reluisantes de notre société de consommation et en sort groggy.
Ce film se veut une dénonciation de l'agro-business et de ses déviances. Je partage un certain nombre des observations faites dans le film. Les pays les plus pauvres seront effectivement les premières victimes d’une libéralisation à outrance des échanges des denrées agricoles et agroalimentaire au niveau mondial. Comme le suggère le film, il faut protéger l'Afrique des dérives de la compétition internationale.
Je suis également d'accord sur le fait que nous vivons dans une société ou le gaspillage est normalisé ; l’image de ces tonnes de pain jetées à Vienne est emblématique. Plus globalement, le film pose le problème de la « sur-exigence » du consommateur en terme de prix, de garanties sanitaires, de fraîcheur... des requêtes souvent fondées mais parfois démesurées.

Pour autant, le crédit que j’accorde au film s’arrête là. Et pour cause, un chiffre me fait réagir et discrédite son propos. Comme à l’accoutumé et contre l’avis des experts patentés, M. Jean Ziegler, nous affirme sans complexe dans le film que nous pouvons dès à présent nourrir 12 milliards de personnes !
Pour en avoir le cœur net, j’ai demandé son avis à Michel Griffon, agronome de réputation internationale au CIRAD* et auteur de « Nourrir la planète » (éd. Odile Jacob). Ce spécialiste nous l’affirme formellement : d’après leurs études, il va falloir doubler la production alimentaire pour tout juste arriver à nourrir 9 milliards de personnes d‘ici à 2050. Et encore, cette hypothèse ne vaut que si l’on se base sur un régime alimentaire moyen par individu, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Comme quoi, la vérité des chercheurs n’est pas encore celle des cinéastes, mais il est vrai que le festival de Cannes ouvre ses portes aujourd’hui !

* Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.

14 mai 2007

M. le Président, quelle agriculture souhaitez-vous pour la France ?

A l’heure où j’écris ces lignes, Nicolas sarkozy, notre nouveau Président, prépare son futur gouvernement… resserré autour de 15 ministères. Je m’interroge sur l’avenir du Ministère de l’Agriculture dans sa configuration actuelle. 2 nouvelles hypothèses semble tenir la corde : l’associer à l’économie ou le marier à l’environnement. 2 options, 2 visions opposées de l’agriculture. Dans quelques jours, la réponse va tomber et nous en dira long sur l’avenir de l’agriculture en France.
L’associer à l’économie, c’est considérer que l’agriculture est l’une des forces de notre pays car c’est l’un des premiers postes d’exportation et un grand pourvoyeur d’emplois dans l’industrie agroalimentaire. Inscrire l’agriculture française dans une logique économique, c’est assurer notre indépendance alimentaire. C’est aussi pour le consommateur français une garantie quant à l’origine et la qualité des aliments qu’il trouve chaque jour dans son assiette.
Si nous sommes tous conscient de l’importance capitale que doit avoir l’écologie dans notre société, je ne peux supporter l’idée que l’on définisse l’agriculture française par le seul prisme de l’environnement. En effet, l’écologie telle qu’elle est pensée actuellement s’accompagne immanquablement d’un cortège de mesures mortifères pour la croissance et l’emploi. Je rejoins Claude Allègre quand il nous incite à faire de l’écologie un levier économique plutôt qu’une contrainte régressive. Adosser l’agriculture à l’environnement dans un même ministère, c’est sans le dire, vouer l’agriculture française à un déclin sans précédent. C’est faire de la France rurale un immense écomusée de la paysannerie pour urbains en mal de chlorophylle. C’est tirer un trait sur notre autosuffisance alimentaire. C’est abandonner notre capacité à nourrir le pays, un choix qui demain pourrai se révéler dramatique.
Pour s’inscrire dans une logique de croissance et de progrès, l’agriculture française doit relever 2 paris à moyen terme : produire plus et plus propre. M. le Président, une agriculture performante plus respectueuse de l’environnement est possible en France…  encore faut-il que nous le voulions !

27 avril 2007

Un marché sans règles est comme une démocratie sans loi

L’accord déséquilibré qui se profile au terme des négociations de l’OMC me conforte dans mes convictions : l’agriculture mondiale doit être régulée. Pourquoi ?
L’agriculture n’est pas un bien comme un autre, elle produit du vivant, elle est vitale pour l’homme. Ce qui n’est pas le cas de l’industrie, ni des services.
L’agriculture nécessite la création un organe spécifique mondial permettant à tous les pays de produire et d’échanger en bonne harmonie, dans un souci partagé de compétitivité et de solidarité.
Je tire le signal d’alarme. Parce qu’on lui applique des outils, des systèmes de pensée, des modèles et des lois qui ne lui sont pas adaptés, l’agriculture mondiale court à sa perte.
Un marché sans règles est comme une démocratie sans loi. C’est à de nouvelles instances internationales qu’incombe le devoir de protéger les citoyens du monde, en donnant à chaque pays les moyens de conquérir son indépendance alimentaire – ou de la préserver.
C’est la voie que nous préconisons au MOMA (Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture). Ce mouvement est né d’une rencontre entre quelques membres du monde coopératif agricole et quelques grands économistes français habités par une même vision.
Le MOMA n’a pas pour vocation de concurrencer l’OMC. Nous souhaitons au contraire lui apporter les services d’un organe de consultation doté d’outils spécifiquement conçus pour résoudre les problèmes d’une agriculture mondialisée.
J’affirme que l’agriculture de demain sera mondialement régulée – ou ne sera pas.

23 avril 2007

Au jeu de l’agriculture libérale, il y a toujours un perdant !

Plus les réflexions de l’OMC avancent, plus je pressens que l’agriculture européenne doit se préparer à être attaquée sans qu’elle ait les moyens de riposter. Nous aurions pu espérer que notre nouveau (nouvelle) Président(e) s’oppose à cette situation, mais cela ne semble être la priorité ni de l’un ni de l’autre.

Les négociations de l’OMC se poursuivent et je suis d’accord avec Henri Nallet quand il écrit dans « Le Monde » que l’Europe s’annonce comme la grande perdante. Les débats se sont une nouvelle fois concentrés sur les enjeux agricoles et on ne peut que constater que l’agriculture européenne va en sortir très affaiblie.
Face aux Etats-Unis, au Brésil et à la chine, nous avons accordé des concessions sans qu’aucunes contreparties ne soient obtenues. L’Europe a accepté de réformer sa PAC et à partir de 2013, de supprimer toutes ses aides aux exportations. Pour faire court, de renoncer à toutes les aides qu’elle octroyait à son agriculture.
Grands naïfs que nous sommes ! Nous attendions en retour que les grands pays agricoles en fassent de même… Peine perdue, les Etats-Unis n’ont pris aucuns engagements identiques et vont même continuer, en toute impunité, à soutenir leur agriculture sous des formes à peine déguisées. On nous avait promis un grand « gagnant-gagnant » libéral, nous aurions du jouer un strict « donnant-donnant » équitable.
La suppression des aides est prévue pour rétablir, à un juste niveau, les cours mondiaux des matières premières agricoles… Encore faut-il que ladite suppression soit appliquée par tous !
Si vous pensez que l’Europe va se « refaire la cerise » sur l’industrie et les services, je vous arrête tout de suite aucune avancée significative n’est en vue.
L’agriculture européenne est en déshérence et ce, dans une indifférence généralisée. Je ne peux m’y résoudre.

06 avril 2007

Réponse au commentaire de M. Thierry Jaccaud

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M. Jaccaud, vous n’êtes pas sans savoir que les subventions dont vous parlez sont en fait des compensations accordées aux agriculteurs lors de la 2ème PAC de 1992, pour pouvoir abaisser les prix des productions agricoles européennes afin qu’ils se rapprochent des cours mondiaux. Ce système a fonctionné car les prix garantis se sont alors établis à -35 % pour les céréales… La PAC finançant la contrepartie aux agriculteurs.

L’effet négatif est que nous avons développé une agriculture assistée financièrement et que nous entretenons une dépréciation artificielle des prix agricoles. Soumis au dumping des subventions US, ces prix mondiaux sont "factices" et ne représente pas la réalité du marché (pour en savoir plus, je vous enagage à consulter mon livre).

L’effet positif, ce sont ceux que appelez « les contribuables » qui en bénéficient. Bien plus que l’agriculture, c’est la nourriture que l’Europe a subventionné. La France a pu se nourrir à moindre coût et les français profiter d’un pouvoir d’achat supplémentaire qui a profité à l’ensemble des secteurs économiques.
Cette politique agricole a permis d’assurer, jusqu’à présent, notre indépendance alimentaire. Elle permet à nos « contribuables » de manger à leur faim, pour un coût modeste orienté à la baisse. De plus, les français savent exactement l’origine et la teneur de ce qui ce trouve dans leur assiette. Ce qui ne serait pas le cas si nous avions abdiqué sur notre agriculture ; Nos importations de veau aux hormones made in US et les antibiotiques dans le poulet brésilien sont là pour nous le rappeler.
M. Jaccaud, rien ne sert d’opposer contribuables et agriculteurs. Les politiques agricoles sont décidées par nos représentants politiques démocratiquement élus par des « contribuables » !
Ce sont toujours ces mêmes représentants du peuple qui décident après avis des instances scientifiques françaises et européennes si un organisme végétal est autorisé à la culture en France. Serions-nous si peu démocrate que de remettre en cause le choix de nos édiles ?

02 avril 2007

La France à besoin de toutes ses agricultures !

Certains, naïfs, pensent que les OGM peuvent à eux seuls, sauver la planète de toutes famines potentielles.
Je réitère mes propos sur le développement et la préservation impérative de toutes les agricultures. Cessons d’opposer les productions, qu’elles soient bios, raisonnées, conventionnelles ou OGM… La France, l'Europe comme l'ensemble de la planète ont besoin de toutes les agricultures... Pour peu qu'elles soient assez performantes pour nourrir les hommes.
La solution unique à nos exigences légitimes pour des produits sains, sûrs, bons… et peu coûteux n’existe pas ! C’est une utopie de penser que l’on peu nourrir la planète qu’avec du bio comme c’est une belle ânerie de penser nourrir la terre entière avec les seuls OGM. La solution doit être et sera multiple, le respect, l’indépendance et la diversité alimentaire de chacun en dépend.

30 mars 2007

Pourquoi diaboliser les OGM ?

Savez-vous que le sigle « Bt » provient du nom d’une bactérie, le Bacillus thuringiensis (Bt). Présente à l’état naturel dans le sol et sur de nombreux végétaux, cette bactérie produit des molécules qui, une fois ingérées, se révèlent mortelles pour les chenilles de sésamie et de pyrale (2 parasites du maïs). Cette bactérie est utilisée en pulvérisation par l’agriculture biologique et fait aussi l’objet d’une transgénèse pour donner le fameux maïs OGM Bt. Dans les deux cas, elle présente les mêmes avantages environnementaux : protéger les cultures en évitant le recours aux produits chimiques.
Pourquoi cette même molécule Bt est-elle diabolisée sous l’étiquette OGM et acceptée sous celle du bio ?

Cet exemple illustre bien la perception caricaturale que nous avons des OGM. Malgré les avis favorables des scientifiques sur le maïs Bt - ceux de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSAA) et de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) - rien n’y fait, la France persiste dans ses peurs et continue d’écouter ses gourous plutôt que ses scientifiques.

Ces peurs sont entretenues par ceux qui ont instrumentalisé l’agriculture pour en faire l’otage de leur combat politique. En France, les OGM sont victimes d’un combat idéologique qui se situe bien loin des véritables enjeux agricoles et alimentaires de la planète. Il y a pourtant urgence à sortir de l’impasse : nous avons 30 ans pour nourrir 3 milliards de personnes supplémentaires.

16 mars 2007

OGM, le dialogue est ouvert !

Les OGM ne sont plus un sujet tabou en France et encore moins dans le Sud-Ouest !
Je tiens à remercier tous les participants (mon estimation porte sur environ 350 personnes) au débat que nous avons organisé vendredi dernier – 9 mars – à Pau Lescar. Nous avons enfin ouvert le dialogue et le fait que vous soyez venus aussi nombreux prouve l’intérêt de notre initiative.
Même si nous avons tous constaté que les clivages brident encore les échanges. Je suis rassuré par l’orientation des discours. Nous n’en sommes plus à évoquer des chimères mais bien à comparer les risques et les avantages prouvés, de la culture du maïs Bt dans le Sud-Ouest ; la raison reprend enfin ses droits.
Les agriculteurs sont comme vous et moi, ils sont pragmatiques. Ils voient dans le maïs Bt un moyen efficace de lutte contre la pyrale qui peut leur infliger jusqu’à 20% de perte de rendement et donc de revenus. Quoi qu’on en dise, ils sont aussi soucieux de la préservation de leur environnement et ce maïs apporte un bénéfice environnemental reconnu par tous : il diminue l’emploi des produits phytosanitaires. Enfin, ils veillent à la sécurité sanitaire de leur production et nous savons tous que la présence de la pyrale développe les mycotoxines nocives.
Face à ces avantages constatés, est-il encore sensé d’opposer autant de craintes irrationnelles ? Les inquiétudes semblent se focaliser autour de la dissémination. Je rappelle que le pollen du maïs est lourd et très peu volatil et que les distances de sécurité sont là pour prévenir ce risque. Le gouvernement est d’ailleurs appelé à statuer sur ces distances d’isolement.
Jusqu’à preuve du contraire, la culture du maïs Bt dans notre région suscite plus de peur que de mal.

06 mars 2007

Quand les scientifiques nous ramènent à un devoir de raison…

Je continue à recevoir vos commentaires à propos du reportage sur les OGM diffusé sur « Canal + » en novembre 2005.
Afin de rassurer tout le monde et que le débat progresse sur des bases concrètes et plus rationnelles, je vous invite à lire, ci-contre, la tribune de M. Houdebine (L'invité du mois). Je vous incite également à découvrir le commentaire décapant et instructif intitulé : « Vidéo OGM : un plaidoyer pour un peu moins de bêtise et plus de raison », visible à l’adresse ci-après : http://www.sophianet.com/wtm_article42816.fr.htm.

03 mars 2007

Le maïs Bt dans le Sud-Ouest, parlons-en, le 9 mars à Pau

Le 6 février dernier, j’annonçais, au nom d’Euralis, notre volonté d’organiser la traçabilité des agriculteurs qui souhaitent planter cette année un maïs OGM, le maïs Bt. Cette décision suscite depuis un certain nombre de réactions passionnées.
Ainsi, le samedi 10 mars, un collectif anti-OGM, qui pour l’heure n’a pas souhaité s’identifier, appelle à une manifestation devant le siège du Groupe Euralis que je préside.
Pour répondre à cette action et parce que la culture du maïs Bt dans le Sud-Ouest mérite mieux qu’une démonstration de force sans véritable échange, j’ai pris l’initiative d’organiser la veille, le vendredi 9 mars, une réunion publique d’information et de dialogue. Je souhaite que ce moment d’échange permette de reposer les termes du problème de façon apaisée et que chacun puisse faire entendre son point de vue.
J’en appelle à la raison. Sommes-nous capable de sortir de la diabolisation générale et les amalgames partisans pour regarder ensemble, en toute objectivité, au cas par cas, si une plante OGM, en l’occurrence le maïs Bt, proposée à la culture est bonne ou mauvaise et si elle présente des risques ou pas.
Je peux concevoir que les cultures transgéniques effraient certains, pour autant, chacun doit pouvoir exprimer son point de vue dans le respect des libertés d’autrui. Les affrontements doivent laisser place à la discussion. Nous devons renouer la voie du dialogue afin que tous puissent s’exprimer sans crispation. L’heure est donc venue de débattre ensemble de l’avenir de l’agriculture et des agriculteurs de notre région.

Cette réunion d’information et d’échange est libre d’accès et ouverte à tous. Elle aura lieu le vendredi 9 mars à 19h. au Parc des Expositions de Pau, salle Navarre.
Je compte sur votre présence… et sur votre ouverture d’esprit !

Christian Pées

15 février 2007

Sortir de l’hypocrisie sur la culture des OGM en France

Face aux multiples réactions qu’ont suscité mes propos sur la culture du maïs Bt dans le Sud-Ouest, je souhaite préciser quelques points.

Premièrement, chez Euralis, nous sommes respectueux de tous les modes de cultures et de productions, à ce titre, nous produisons des céréales bio comme des céréales sous agriculture raisonnée ou conventionnelle. Notre exigence, c’est que ces cultures soient au préalable validées par les autorités compétentes (Afssa, Commission du Génie Biomoléculaire,…).

Dernièrement, quelques-uns de nos adhérents ont émis le souhait de s’orienter vers la culture de maïs Bt, c’est le seul maïs OGM autorisé à la culture en France et en Europe depuis 1998. Ce choix est de leur responsabilité d’agriculteur. Notre rôle à nous, coopérative est alors d’assurer les conditions techniques de traçabilité de chaque filière.

Pour les raisons que vous connaissez, la culture d’OGM dans notre pays, fait l’objet de très fortes pressions assujetties d’actes de violence. Ce manque de dialogue aboutit à une situation tendue avec pour conséquence des mises en cultures d’OGM qui se font dans la plus grande confidentialité. Cette culture du secret présente des risques quand à la maîtrise intégrale de la nouvelle filière OGM.

Plutôt que de laisser les choses se faire dans la plus grande confusion, chez Euralis, nous avons, au contraire, décidé de tracer cette filière pour apporter des garanties.

Comme le titrait Libération le 10 février dernier : « Le tabou anti-OGM vacille pour le maïs ». Oui, je pense qu’il faut renouer le dialogue et sortir de l’hypocrisie actuelle qui fait de la culture des OGM en France un sujet tabou.

12 février 2007

Réponse aux derniers commentaires

Livrecp_couv_v2_4Pour ce qui concerne la diffusion sur internet du reportage de Canal +, je pense que vous reconnaîtrez avec moi que le procédé est pour le moins racoleur et relève de la manipulation.
Pour ce qui est du fond. Tenons-nous en au fait, le reportage dont nous parlons fait état d’une étude sur les OGM, dont les résultats ont conduit le gouvernement français a autoriser la culture des OGM en France.
Les scientifiques de l’AFSSA, ont également de leur côté validé dans leur rapport « OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? » : « L’introduction de nouvelles variétés de plantes résistant aux attaques d’insectes aurait un double effet bénéfique sur la santé en diminuant l’exposition du consommateur tant aux insecticides qu’aux mycotoxines. » ou encore « …une réduction significative de l’emploi des produits phytosanitaires (dont les insecticides) a accompagné l’introduction des variétés de plantes résistantes à des insectes… » à lire en page 65 sur www.afssa.fr/ftp/afssa/2004-SA-0246-Bénéfices-OGM.pdf. On ne parle pas là d’intérêt économique mais bien de santé publique et d‘environnement !
Nous vivons en démocratie, ce qui implique d’en respecter les principes. C’est sur la base d’études scientifiques que nos élus ont validé la culture du maïs BT en France. Je ne suis pas scientifique, je suis pas homme politique, mais un agriculteur citoyen, respectueux des normes en vigueur dans son pays. Si vous avez des doutes sur la crédibilité de nos élites, c’est à eux qu’il faut vous en prendre.

Une fois encore, je ne peux être d’accord avec vous, quand vous affirmez que certains « rigolent » à propos de l'amiante, le nucléaire, le réchauffement de la planète, les farines animales. Ces crises ont bien eu lieu avec les conséquences dramatiques que l’on sait, faut-il pour autant refuser le progrès en bloc ? La réponse est là dans votre vie quotidienne : votre santé, votre alimentation, vos communications, vos transports, votre confort… Si nous nous portons si bien aujourd’hui, si l’espérance de vie n’a jamais été aussi longue, c’est au progrès que nous le devons. Je vous invite également à prendre connaissance des chiffres de la mortalité liés à des causes alimentaires d’il y 100 ans et de les comparer aux statistiques actuelles.

Quant à vos propos sur les agriculteurs, je vous rappelle que je suis moi-même agriculteur, Président d’une coopérative, élus par les adhérents, environ 15 000 chez Euralis. La défense de l’agriculture est l’un de mes credo et si vous en doutez, je vous invite à lire le livre (L’arme alimentaire) que je viens de publier aux éditions du Cherche Midi.

10 février 2007

Au grand jeu de la MANIPULATION

Le monde des alters est en émoi et par conséquence ma boîte mail frise la surchauffe ! Vous aussi, avez du recevoir ce mail d’un ami bienveillant, vous invitant à visualiser un reportage « interdit d’antenne » sur les OGM : « A voir absolument avant qu’il ne soit retiré du web ! ». Rendez-vous compte, un reportage confidentiel sur les OGM, réalisé par Canal +, est interdit d’antenne. La censure, la méchante censure est de nouveau à l’œuvre ; on veut bâillonner le discours anti-OGM  !

Heureusement quelques journalistes (Sud Ouest, France Inter...) gardent la tête froide et nous dévoilent la supercherie. Le reportage en question, n’a jamais été censuré... et a bien été diffusé le 15 novembre 2005 sur Canal +. En attendant, quelques manipulateurs avisés ont bien lancé ce buzz et l’on peut dire que beaucoup se sont fait abuser.

Cet événement me laisse perplexe quand à la crédibilité du discours de ceux qui ont pour méthode l’emploi de moyens fallacieux pour imposer leur discours militant. Il me semble que la langue française désigne cela sous le terme, peu élogieux de MANIPULATION.

08 février 2007

Réponse au commentaire de Stéphanie Raillard sur les OGM

Livrecp_couv_v2_4Une fois de plus la rhétorique est de mise et la forme l’emporte sur le fond. Vous êtes quelques-uns, militants, à asséner une forme d’argumentation aussi rituelle que formatée. A ce titre, l’irrespect dont vous faites preuve et les propos employés à mon encontre dans votre conclusion décrédibilise complètement et rendent caduque votre discours, quelle qu’en soit la teneur. Vous vous posez des questions, moi également, certes nous n’avons pas les mêmes réponses et ce n’est pas pour autant que je méprise quiconque.
Je le répète, le débat sur les OGM restera stérile tant que la passion l’emportera sur la raison !

Pour info, je signale une trop rare initiative : la table ronde « environnement » organisée le 25 janvier dernier lors du colloque sur l’avenir de l’agriculture organisé par les anciens élèves de l’INA P-G, de l’Ena et de l’Ecole polytechnique. Lionel Vilain, militant écologiste de France Nature Environnement, Vincent Gros, président de BASF Agro, Guillaume Sainteny du ministère de l’Ecologie, Luc Guyau, ancien président de la FNSEA, Marion Guillou, présidente de l’Inra… ont pu débattre en bonne intelligence, comme quoi, on peut ne pas être d’accord et s’accorder pour faire progresser les mentalités.

Pour ce qui est des questions posées, je pointe dans votre argumentation quelques contradictions qui doivent être soulignées. Vous dénoncez dans le même élan pesticides et OGM, je vous rappelle, une fois de plus, ici ce que nous disent vos collègues scientifiques de l’AFSSA dans leur rapport « OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? » : « L’introduction de nouvelles variétés de plantes résistant aux attaques d’insectes aurait un double effet bénéfique sur la santé en diminuant l’exposition du consommateur tant aux insecticides qu’aux mycotoxines. » ou encore « …une réduction significative de l’emploi des produits phytosanitaires (dont les insecticides) a accompagné l’introduction des variétés de plantes résistantes à des insectes… » à lire en page 65 sur www.afssa.fr/ftp/afssa/2004-SA-0246-Bénéfices-OGM.pdf. Vous vous dites biologiste, vous apprécierez donc à leur juste valeur, les conclusions rendues par un organisme qui ne prête pas le flanc à la critique.

Je ne peux que vous renvoyer à vos débats d’experts, mais je vous rappelle que c’est bien sur la base d’études scientifiques que les OGM sont autorisés à la culture en France. Nos politiques, élus démocratiquement, ont validé le bien fondé de cette démarche.
Je vous rappelle enfin que « l’utilisation illégale de la faux » conduit à 4 mois d’emprisonnement ceux qui méprisent les droits civiques élémentaires qui régissent notre pays.
Les agriculteurs français respectent la loi, il serait bien que chacun en fasse autant.

Cordialement.

Christian Pèes

02 février 2007

Réponse au commentaire de Monsieur Deprez.

Si je constate la ferveur de votre réaction, je ne peux en revanche me satisfaire du contenu de vos propos. Votre discours est symptomatique du débat sur les OGM en France ou la passion l’a malheureusement emporté sur la raison.

Vous abordez les OGM par le biais de la dissémination alors que la question de fond est la suivante : Les OGM sont-ils un risque ou un bénéfice pour la santé humaine et l’environnement ?
Cette question (la seule que vous ne posez pas !) mérite une réponse impartiale. Sur ce point, je vous conseille l’avis d’organismes qui ont fait preuve de leur objectivité et de leur rigueur scientifique. Voici ce que rapporte l’AFSSA dans son rapport « OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? » : « L’introduction de nouvelles variétés de plantes résistant aux attaques d’insectes aurait un double effet bénéfique sur la santé en diminuant l’exposition du consommateur tant aux insecticides qu’aux mycotoxines. » ou encore « …une réduction significative de l’emploi des produits phytosanitaires (dont les insecticides) a accompagné l’introduction des variétés de plantes résistantes à des insectes… » en page 65 (www.afssa.fr/ftp/afssa/2004-SA-0246-Bénéfices-OGM.pdf). Je vous incite à lire ce rapport et mesurer combien la mesure d’un risque possible est pris en compte dans l’avancée de ces recommandations. Cette logique de précaution pourrait vous permettre, à l’avenir, de mesurer vos propos quand vous traitez les gens d’irresponsables.

Pour ce qui me concerne, je suis président d’une coopérative et non « une grande firme », c'est-à-dire élu par les 15 000 agriculteurs-adhérents et quitte à vous décevoir, nous ne dégageons pas de mirifiques résultats et quand il y en a, ils sont pour partie redistribués aux adhérents.
J’aimerai conclure en vous incitant à sortir de la seule logique des « marchands de colère », qui dénoncent sans jamais proposer de solutions concrètes et réalistes aux problèmes qui se posent à nous… Je vais à mon tour, vous poser une question : comment nourrir les 9 milliards de personnes qui peupleront la planète en 2050 ?

01 février 2007

Creuser le fossé entre français et agriculteurs

Lu à 8H00 ce matin sur un blog : « Enfin José Bové se dévoile : il veut faire de la politique et rassembler la gauche extrême aux présidentielles. Tant mieux pour le monde agricole, l'agriculture s'en portera mieux. » - www.le-mag.fr

15H00, effectivement, après maintes tergiversations, José Bové se déclare candidat à l’élection présidentielle. Une candidature ambiguë, dont il est clair qu’elle n’est pas une bonne nouvelle pour l’agriculture.
Les altermondialistes, qu’il représente, proposent une vision régressive et élitiste de l’agriculture. En prônant les productions de niches comme le bio, les circuits courts et l’agriculture de proximité, ils ne répondent aucunement aux véritables défis auxquels nous allons devoir faire face : produire des biocarburants et nourrir 9 milliards de personnes en 2050 !

Au nom de la juste cause du respect de l’environnement, les altermondialistes proposent des concepts, certes séduisants, mais totalement irréalistes et qui condamnent notre agriculture à dépérir.
Moins juste, sont les actes illégaux commis par José Bové. Ainsi, faute de pouvoir poursuivre la recherche sur les biotechnologies végétales, ils nous acculent à une future dépendance aux grands semenciers Nord-Américains.
Bref, un jour de gloire pour Bové qui ne fait que creuser le fossé entre français et agriculteurs.

30 janvier 2007

Livrecp_couv_v2_4Suite à l’interview sur mon livre, parue dans « le-mag.fr », j’ai reçu le courriel suivant signé d’un certain Michel.

« Bonjour. Je trouve cet article (une alternative à l’ultra-libéralisme et aux alter-mondialistes*) assez tordant, en particulier lorsque l'on sait - et que vous n'indiquez pas - que vous êtes producteur d'OGM.
Un vendeur d'OGM qui fait de la pub sans dire qu'il est vendeur, comment cela s'appelle-t-il ? »

Je tiens donc à vous répondre. Euralis n’est pas créateur d’OGM. Et pour cause, du fait des arrachages illégaux, la recherche européenne sur le sujet est réduite à néant. La conséquence : demain, si nous voulons ajouter des éléments OGM à nos semences traditionnelles, nous devrons payer des royalties à ceux qui les ont développé… Le paradoxe : alors qu’ils les  désignent comme leurs ennemis, les arracheurs font le jeu de ces grands semenciers.

Par contre, nous distribuons depuis l’an dernier des semences OGM à ceux de nos agriculteurs qui en font la demande. Les agriculteurs sont libres d’acheter le type de semences qu’ils souhaitent, notamment des semences OGM. Certains de nos agriculteurs trouvent dans les OGM un moyen de lutte efficace contre le risque de pyrale/sésamie. Cette pratique est parfaitement légale. 

Notre rôle est d'organiser la traçabilité de ces cultures. Car nous ne souhaitons pas que ces mises en culture se fassent de manière anarchique et nous souhaitons que coexiste l’ensemble des filières : maïs conso conventionnels, maïs semences, maïs doux, maïs waxy, maïs bio…

Vous avez sans doute lu mon livre et compris que ma position sur les OGM est beaucoup plus globale. Oui, il faut encadrer les OGM, de manière très stricte. Non, nous ne pouvons refuser les progrès qu’ils peuvent nous apporter. Si certains OGM ont fait la preuve de  leur utilité, pourquoi ne pas en profiter dès lors qu’il est prouvé qu’ils ne présentent aucun risque pour la santé humaine ?

Abordons ce sujet sans dogmatisme !
Au plaisir de lire votre réponse dans une argumentation plus développée !

* http://www.le-mag.fr/actualites-agricoles/articles/coup-de-gueule/une-alternative-a-l-ultra-liberalisme-et-aux-alter-783-6-1.html

02 janvier 2007

Abdiquer sur l'agriculture, c'est se rendre dépendant

Livrecp_couv_v2_4En ce 2 janvier, je saisis l’opportunité qui m’est donnée de souhaiter à tous une excellente année. 2007 est une année d’élection présidentielle, et donc importante car elle va déterminer les grandes orientations agricoles de la France. Je m’adresse donc tout particulièrement aux candidats pour qu’ils comprennent que derrière leurs décisions se cachent des enjeux dont souvent ils semblent ignorer la portée.

Je pense que la France doit tenir son rang de 3ème puissance agricole mondiale d’autant qu’elle peut être fière de ses agriculteurs. Nos produits sont parmi les plus propres et les plus sûrs au monde. Je suis un partisan de l’innovation qui nous aide chaque jour à mieux gérer l’irrigation, les engrais et les insecticides, qui s’ils sont décriés, restent la seule façon aujourd’hui de cultiver assez de denrées agricoles pour nourrir la planète.

Preuve du désintérêt général qui touche l’agriculture, le nombre d’exploitants ne cesse de baisser en France : 680 000 aujourd’hui, combien demain ? L’agriculture française est à un seuil. Après avoir atteint le seuil de l’autosuffisance alimentaire, elle commence à décroître et augmenter ses importations.
Nous risquons donc à terme de ne plus pouvoir subvenir à nos besoins ! Qu’elle soit alimentaire ou énergétique, cette perte d’autonomie porte un nom : la dépendance. Mais qu'est-ce qu’un pays qui ne peut plus nourrir ses habitants et leur garantir la sécurité alimentaire ?
Nous sommes à un tournant : nous devons décider si nous souhaitons faire de la France un écomusée de l’agriculture ou si l’agriculture peut aider la France à répondre aux enjeux majeurs de la planète qu’ils soient démographiques, alimentaires ou énergétiques.
Ce livre est un cri d’alarme, je veux interpeller nos dirigeants politiques : l’agriculture française est figée dans un immobilisme fatal tandis qu’au Brésil, en Chine, en Russie, en Argentine... Partout dans le monde la croissance verte est en marche. Et pourtant les solutions efficaces pour une agriculture durable et performante existent en France.
L’agriculture est indispensable au développement de la France et à son rayonnement international. L’agriculture n’a besoin que d’un peu de courage politique pour répondre aux 10 enjeux majeurs qui déterminent le rôle fondamental de l’agriculture en France (Cf. fin du dernier chapitre de mon livre). Messieurs, mesdames les politiques, ma conclusion est sans appel : une France sans agriculture forte ne sera jamais un grand pays.

25 décembre 2006

Les français et l’agriculture : je t’aime moi non plus !

Livrecp_couv_v2_4 Je ne peux m’empêcher de chercher les raisons du divorce. Qu’est ce qui a mal tourné ? En trois générations d’agriculteurs, mon grand-père, mon père et maintenant moi, sommes passé du statut de héros volant au secours d’une nation affamée dans l’après guerre à celui de pollueur, apprenti-sorcier subventionné en ce début de siècle. Pourquoi tant de désamour entre français des villes et français des champs ? Il est vrai qu’au fil du temps, les français ont perdu le lien qui les liaient à la terre. Exode rural, industrialisation et tertiarisation aidant la campagne n’a plus la côte, ou alors si, juste le dimanche pour la balade ou pour descendre dans le sud : la campagne c’est plus chouette que des barres d’immeubles tout le long de l’autoroute. La conséquence ? Les français ne savent plus à quoi sert leur agriculture. Le divorce est consommé.
C’est bien là le problème, entre « Martine à la ferme » et les arrachages d’OGM ou la condamnation  de l’irrigation, les français se sont fait leur opinion : une image paradoxale qui dénie totalement notre droit à produire et confine l’agriculture dans un rôle secondaire d’écomusée de produits du terroir. Comme si nourrir la planète et ses bientôt neuf milliards d’habitant pouvait être qualifié de secondaire ? Justement, c’est bien de nourriture dont nous devons parler et la question est simple, autant se la poser tout de suite. La société française veut-elle d’une agriculture autonome, capable de nourrir soixante millions de personnes avec une alimentation sûre, saine et savoureuse, produit dans le respect des normes sociales et environnementales ? Ou souhaite t’elle déléguer son agriculture et donc son industrie agroalimentaire à des pays tiers quitte à abdiquer sur nombres de garanties et à en payer le prix en cas de conflits ou autre pénurie ? La ressource alimentaire peut devenir une arme terrible car elle est nécessaire à la vie. Le propos peut paraître alarmant aux yeux de certains, je vous rassure tout de suite, il l’est !

19 décembre 2006

Un livre pour rappeler l’utilité de l’agriculture