À petits pas…

Par Christian Pees le 2 Août 2010

À moitié rassuré. C’est mon sentiment après les premières conclusions de la consultation publique conduite par la Commission européenne en vue de la réforme de la PAC, qui s’est tenue les 19 et 20 juillet derniers à Bruxelles. Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, affiche une volonté de compromis pertinent, celui d’une agriculture durable MAIS compétitive.

Bien sûr, parmi les quelque 600 participants, beaucoup sont habités d’une vocation purement environnementaliste. Pour eux, l’agriculture n’existe qu’à travers les dégâts qu’elle peut commettre. Pourtant, il n’est plus à démontrer que la qualité et l’efficacité sanitaire du modèle européen figurent parmi les meilleurs standards du monde. Malgré cette réalité, nous sommes dans une critique permanente du productivisme, de nos choix agricoles et de nos stratégies.

Dans ce contexte, nombreux sont ceux qui appellent à un retour à l’agriculture de grand-papa et qui sont convaincus que les consommateurs sont prêts à payer plus pour bénéficier de cette qualité prétendument supérieure.

Leur angélisme devrait toutefois se heurter à une réalité implacable : le pouvoir d’achat est au plus bas, de nombreux voyants sont au rouge (des politiques de rigueur presque généralisées en Europe, des prévisions de croissance molle, diminution des prestations sociales, moral en berne…) et les autres zones géographiques ne rêvent que d’une chose, nous inonder de plus de produits à bas coût.

Afin d’éviter une alimentation à deux vitesses à l’égard des citoyens, la solution réside dans un soutien appuyé de l’Europe à son agriculture et par une refonte raisonnée de la PAC. Le reste relève de l’irréalisme.