Dans un contexte difficile, Dacian Ciolos, commissaire européen à l’agriculture, livre un projet de PAC plein de bonnes intentions, qui prend en compte la diversité de l’agriculture de l’Union européenne et les attentes de nos concitoyens. Toutefois, on doit regretter que cette réforme manque d’ambition. En effet, elle ne permet que, très partiellement, de relever le double défi de la compétitivité et de la régulation.
Le verdissement des pratiques agricoles est présenté comme incontournable pour justifier les aides directes auprès de nos citoyens européens. Certes, il faut avancer clairement sur la durabilité des pratiques mais conditionner à cela 30% des aides — les pénalités pourront même aller au-delà ! — est insupportable. Geler 7% des surfaces agricoles sans tenir compte des prairies permanentes ni des forêts est, au mieux, une hérésie ; au pire, criminel, quand on est conscient des enjeux alimentaires de notre planète.
Aujourd’hui, les agriculteurs européens sont confrontés à une concurrence accrue, dans un contexte de volatilité des prix extrêmement difficile à gérer pour l’ensemble des filières. Cette situation n’ira que crescendo : l’offre de produits agricoles, confrontée aux aléas climatiques et aux viroses, sera de plus en plus aléatoire face à une demande alimentaire et énergétique qui croissent, pour leur part, de façon régulière. Or, que nous propose-t-on ? Une PAC articulée autour de l’aide directe aux agriculteurs, qui ne traite que marginalement le cœur du problème que constitue la régulation des marchés.
En définitive, ce projet est déséquilibré. Il offre des réponses (partielles ?) à tout le monde, ce qui constitue sa qualité… mais aussi son défaut.
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