Pour la première fois, les grandes puissances économiques mondiales se sont penchées sur la régulation des matières premières. Une démarche importante à saluer.
En revanche, les résultats sont plutôt timorés en raison des égoïsmes nationaux. Par exemple, le problème des stocks, qui influe largement sur les valeurs des marchés, n’est pas résolu à cause des réticences chinoises et indiennes. Un accord seulement a minima a été accepté concernant une photographie transparente des stocks. Ainsi, seuls des stocks d’urgence sont pour l’instant prévus en cas de crise et non pas des stocks stratégiques.
Un petit pas certes mais qui ne permettra pas de prévenir d’autres grandes crises alimentaires comme nous en avons connu en 2008 et qui pourraient se reproduire si les prix continuent de flamber. Tant que les intérêts nationaux transcenderont l’intérêt planétaire, il sera difficile de concrétiser des mesures ambitieuses. Pour paraphraser Georges Clémenceau, la régulation des matières premières est peut-être une chose trop sérieuse pour la confier à des politiques et à leurs experts.
La proposition du Dakar Agricole de créer une Organisation Mondiale de l’Agriculture (l’OMA) pourrait permettre d’éviter cet écueil. Si la prise de conscience de la nécessité de réguler les marchés agricoles est bien réelle, le comment est beaucoup plus difficile. Il est donc peut-être grand temps de désigner un arbitre qui se placerait au-dessus de la mêlée.
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