C’est reparti pour un tour. Livres, documentaires, Unes des magazines… les agriculteurs sont à nouveau dans la ligne de mire médiatique. À croire que les journalistes et écrivains se donnent rendez-vous périodiquement pour taper au même moment sur les paysans.
Cette cabale est proprement scandaleuse. Les Marie-Monique Robin, Isabelle Saporta et autres compères nous décrivent comme des assassins suffisamment bêtes pour être manipulés par nos coopératives et autres organismes et n’avoir aucun sens critique. Ils sous-entendent également que les agriculteurs n’ont pas à cœur le bien-être des populations dont ils assurent l’alimentation. Nous serions également avides d’épandre à l’envi toutes les saletés possibles et imaginables.
Ce procès appelle à rétablir certains faits. D’abord, une plante peut être malade et sans soin, donc sans pesticides, elle peut mourir. C’est comme si l’être humain devait se passer de tout médicament. Même l’agriculture biologique recourt aux pesticides. Certes ils sont bio mais ils restent des pesticides. Leurs utilisateurs cherchent d’ailleurs à en obtenir l’homologation.
Par ailleurs, il est certain que nous devons modifier notre alimentation. Nous avons sans doute mangé trop gras, trop salé au cours des dernières décennies mais les industries agroalimentaires sont en train de corriger le tir. Idem pour les agriculteurs. À une époque, nous avons trop simplifié nos pratiques en nous appuyant sur un emploi massif de la chimie. Aujourd’hui nous faisons marche arrière. Il faut laisser aux agriculteurs une chance de s’adapter.
Ce serait d’ailleurs là le dernier reproche que j’adresserais à nos pourfendeurs. Ils dressent un bilan alarmant à partir de nos pratiques passées. Jamais ils ne parlent de nos efforts et des initiatives que nous entreprenons. Quid du plan Écophyto 2018 dans le cadre duquel nous tentons de réduire de 50% l’usage de nos produits de traitement ? Quid des exploitations qui s’engagent dans le développement durable comme en témoigne la remise des trophées de l’agriculture durable le 16 mars dernier ? Pour avancer, rien ne sert de condamner ; mieux vaut proposer et corriger.
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