Sans surprise, l’apparition de la grippe A — initialement appelée grippe porcine — s’accompagne d’une épidémie d’inepties.
Ainsi, Daniel Cohn-Bendit, en piste pour les élections européennes de juin prochain, voit-il dans la contagion actuelle « une crise de notre mode de vie » et met en cause « l’agriculture industrielle » (lemonde.fr ; 28/04/09).
A chaque fois qu’un nouvel accident sanitaire se produit, les hérauts de l’altermondialisme et de la décroissance en profitent pour crier haro sur notre mode de production agricole. Il y en a marre d’écouter ces personnages publics qui, pour nourrir leurs desseins politiques, font preuve d’un opportunisme outrancier.
Surtout quand leurs arguments ne tiennent pas la route. Qui peut sérieusement croire qu’un élevage industriel de porcs — clos, bardé de mesures de biosécurité et totalement isolé du reste du monde — présente davantage de risques de transmission d’un virus que le porc qui se promenait dans la cuisine de nos grands-parents il y a 50 ans ? Philippe Vannier, directeur de la santé animale et du bien être des animaux à l’Afssa, souligne d’ailleurs dans une interview au Monde (4/05/09) : « […] les mesures de biosécurité sont mises en place dans les élevages de type industriel. Epidémiologiquement, ceux-ci présentent donc les meilleures conditions pour limiter les risques d’introduction du nouveau virus ». Cessons donc de fantasmer sur notre "beau passé" !
Les promoteurs d’un retour à l’agriculture d’avant rêvent de pouvoir s’écrier un jour — et le plus tôt serait le mieux selon eux — : « L’agriculture industrielle est morte ! Vive l’agriculture biologique ! ». Loin de moi l’idée de nier les bienfaits d’un tel mode de production. Il est toutefois une évidence : une conversion planétaire au bio ne permettra pas de nourrir toutes les bouches d’une démographie mondiale qui croît inexorablement et compromettra la vie de deux milliards d’êtres humains…
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