Le progrès est-il une tare en France ?
« Décevant », le sommet de Rome sur l’alimentation,
« Décevant », le vote des Irlandais,
« Décevant », le moral des ménages français qui plonge,
« Décevante », la hausse du prix du baril.
« Décevantes », les prévisions de l’INSEE sur la croissance française,
Notre avenir est-il si déprimant qu’il faille sombrer dans la dépression avant même d’y être réellement plongé ?
La récente débâcle des marchés financiers nous avait pourtant appris une chose : pour qu’une société (au sens propre comme au figuré) fonctionne, il faut de la « confiance ». Et la confiance procède d’une logique simple ; c’est estimer que ce que nous allons vivre demain, sera meilleur qu’aujourd’hui. Or, le moteur de la confiance s’alimente d’un seul carburant : le progrès. Et c’est là que le bas blesse. Face aux fortes mutations des communications, des biotechnologies ou encore des économies émergentes auxquelles nous sommes soumis, les peurs ressurgissent, et cette fois, il n’y a aucune vérité religieuse pour en proposer une lecture acceptable. La nature ayant horreur du vide, les opportunistes ont vite fait leur lit de ce nouveau champ à faucher. La France du « Risque zéro » écoute ces « prêcheurs de l’apocalypse » et plutôt que de croire dans un avenir meilleur, elle pense au contraire que « la décroissance » est une vertu, et le « principe de précaution », un droit de veto.
Depuis que l’homme est apparu sur cette terre, il s’est levé et a toujours marché vers plus de confort et de bien-être. Aujourd’hui, nous sommes face à un formidable défi : nourrir une planète tout en épargnant les ressources. Pour y arriver, deux solutions : le progrès ou la régression. Renvoyant dos-à-dos Malthus et Maslow, je n’ose imaginer l’humanité faisant marche arrière, remplaçant le tracteur par des bœufs et le téléphone portable par des signaux de fumée, non décidément je ne peux et ne veux pas y croire…
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