Sortons l’agriculture de L’OMC
« Est-ce que l'OMC est bien le lieu pour discuter des questions liées à l'agriculture et l'alimentation ? ", s’est interrogé Michel Barnier ce lundi à Bruxelles.
Je salue là le courage de notre Ministre de l’Agriculture qui ose poser la question qui fâche. En effet, est-il encore possible d’intégrer sur le même plan, dans les négociations internationales, l’industrie, les services et l’agriculture ?
La réponse est NON. Il faut gérer l’agriculture mondiale comme un secteur spécifique, pourquoi ?
Dans nos sociétés de confort, dans nos villes ou l’abondance est reine, nous avons oublié que 850 millions de personnes souffrent toujours de la faim dans le monde et que la première urgence de l’homme est de se nourrir.
En cette période de hausse des prix des matières premières agricoles et de diminution des stocks mondiaux de céréales, Si dans nos pays riches, la polémique porte sur la baisse du pouvoir d’achat, pour les pays les plus démunis, les alertes à la famine se multiplient.
D‘ici à 2 générations, nous devrons nourrir 3 milliards de bouches supplémentaires. Il faut produire plus sur une petite planète menacée par les changements climatiques. Nous n’avons d’autre choix que d’appréhender l’agriculture autrement, réfléchir de manière globale et dépasser les égoïsmes nationaux.
L’agriculture est un secteur hautement stratégique et une pénurie agricole n’est pas comparable à une pénurie de biens industriels. Si l’on peut se passer de Playstation, nous ne pouvons faire l’impasse sur l’alimentation. Les français ont la mémoire courte, il n’est pas si loin le temps ou notre combat était l’autosuffisance alimentaire.
Enfin, il faut cesser de considérer l’agriculture comme une variable d’ajustement politique dans les tractations commerciales internationales. L’Europe et la France ont la fâcheuse tendance à lâcher sur l’agriculture pour espérer gagner sur l’industrie et les services. Ce n’est pas les conclusions du très politique « Grenelle de l’Environnement » (OGM contre nucléaire) qui vont redonner confiance en la matière aux agriculteurs français.
Les solutions existent. Au sein du Mouvement pour une Organisation Mondiale de l’Agriculture nous appelons à la création d’une régulation mondiale spécifique à l’agriculture. Je vous invite vivement à prendre connaissance de nos travaux et de nos conclusions sur le site du MOMA : http://www.momagri.org/.
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