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Je m’étonne chaque jour de la charge que l’on fait peser sur l’agriculteur français...

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Le livre de Christian PEES, "L'arme alimentaire, les clés de l'indépendance"
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21 mars 2008

Sortons l’agriculture de L’OMC

« Est-ce que l'OMC est bien le lieu pour discuter des questions liées à l'agriculture et l'alimentation ? ", s’est interrogé  Michel Barnier ce lundi à Bruxelles.
Je salue là le courage de notre Ministre de l’Agriculture qui ose poser la question qui fâche. En effet, est-il encore possible d’intégrer sur le même plan, dans les négociations internationales, l’industrie, les services et l’agriculture ?
La réponse est NON. Il faut gérer l’agriculture mondiale comme un secteur spécifique, pourquoi ?
Dans nos sociétés de confort, dans nos villes ou l’abondance est reine, nous avons oublié que 850 millions de personnes souffrent toujours de la faim dans le monde et que la première urgence de l’homme est de se nourrir.
En cette période de hausse des prix des matières premières agricoles et de diminution des stocks mondiaux de céréales, Si dans nos pays riches, la polémique porte sur la baisse du pouvoir d’achat, pour les pays les plus démunis, les alertes à la famine se multiplient.
D‘ici à 2 générations, nous devrons nourrir 3 milliards de bouches supplémentaires. Il faut produire plus sur une petite planète menacée par les changements climatiques. Nous n’avons d’autre choix que d’appréhender l’agriculture autrement, réfléchir de manière globale et dépasser les égoïsmes nationaux.
L’agriculture est un secteur hautement stratégique et une pénurie agricole n’est pas comparable à une pénurie de biens industriels. Si l’on peut se passer de Playstation, nous ne pouvons faire l’impasse sur l’alimentation. Les français ont la mémoire courte, il n’est pas si loin le temps ou notre combat était l’autosuffisance alimentaire.
Enfin, il faut cesser de considérer l’agriculture comme une variable d’ajustement politique dans les tractations commerciales internationales. L’Europe et la France ont la fâcheuse tendance à lâcher sur l’agriculture pour espérer gagner sur l’industrie et les services. Ce n’est pas les conclusions du très politique « Grenelle de l’Environnement » (OGM contre nucléaire) qui vont redonner confiance en la matière aux agriculteurs français.

Les solutions existent. Au sein du Mouvement pour une Organisation Mondiale  de l’Agriculture nous appelons à la création d’une régulation mondiale spécifique à l’agriculture. Je vous invite vivement à prendre connaissance de nos travaux et de nos conclusions sur le site du  MOMA : http://www.momagri.org/.

02 mars 2008

Défense de l’agriculture : USA 1 – France 0

A quelques jours d’intervalle, j’ai pu mesurer l’écart qui sépare la France des Etats-Unis en matière de politique agricole. Quand certain font des promesses sans agir, d’autres agissent sans promettre… Question de culture me direz vous !

Acte 1. J’accueillais à Pau, le 7 février dernier Mme B. Berry, Ministre Conseillé aux Affaires Agricoles de l'Ambassade des Etats-Unis en France. Lors de notre AG, elle a clairement démontré l’importance stratégique que son pays accorde à l’agriculture. Pragmatiques et sûrs de leur fait, les américains ne s’embarrassent pas de précautions pour nous annoncer que le prochain « Farm Bill 2008-2012 » va maintenir toutes les mesures de soutien à la production comme aux exportations agricoles.
Autre différence avec la France, en matière de protection de l’environnement, les américains soutiennent ouvertement les OGM. car pour eux, ils permettent de réduire l’utilisation des pesticides. Mme B. Berry à conclu en évoquant le développement fulgurant des biocarburants US et les mesures incitatives mises en place par son gouvernement.

Acte 2. Salon de l’Agriculture ce week-end à Paris. Séance de rattrapage pour M. Sarkozy, après un Grenelle de l’environnement qui a plutôt déstabilisé le monde agricole. Notre Président a une nouvelle fois pris « l’engagement officiel d’une refondation de la politique agricole commune ». Il est temps, malgré un autre discours plein de promesses prononcé au SPACE à Rennes il y a peine 5 mois, la France agricole entend les mots mais attend toujours les actes.

Mesure de soutient et protectionnisme sans complexe d’un côté, promesses de rupture sans action concrète de l’autre. Il y a des jours ou le « farmer » me semble mieux loti que le paysan français. Il est vrai que les USA à la différence de la France ou de l’Europe, considèrent l’alimentation comme une arme, c'est pourquoi ils ont toujours protégé leur agriculture. Il y a quelques mois, j’écrivais dans mon livre : « Chez nous, il est à craindre que les "politiques" laissent l'agriculture au "placard" aussi longtemps que le spectre du manque et de la hausse des prix n'apparaîtra pas »... Au vu de la polémique sur le pouvoir d’achat, il me semble que nous sommes en train de franchir la ligne rouge.