Triste Grenelle. OGM, quand la démagogie l’emporte sur la démocratie
Il n’y aura donc pas d’OGM en France la saison prochaine, la décision prise sera lourde de conséquences. Alors que certains inconscients fêtent une victoire à la Pyrrhus, d’autres, scientifiques, agriculteurs ou simples citoyens pleurent une promesse de progrès mis à terre.
Démagogie. M. Fillon ne s’y est pas trompé quand il annonçait le 13 janvier dernier :
«Oui, c'est une décision politique». En effet, M. Sarkozy a tranché et activé la clause de sauvegarde, nouvel avatar européen du principe de précaution cher à nos hommes politiques français. En France quand on ne sait pas, on sort le parapluie et on regarde ailleurs… vers les municipales par exemple. Il est vrai qu’opportunisme électoral et courage politique ne font pas bon ménage, comme il est vrai que l’avenir de l’agriculture française ne pèse pas lourd face au jeun médiatique d’un José Bové. Triste pays où «la politique concernant les OGM est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des politiques», titrait en décembre le très sérieux journal scientifique « Nature Biotechnology ».
Hypocrisie. La France va une nouvelle fois se retrouver à contre courant de l’histoire. Alors que le monde entier explore et exploite le potentiel des biotechnologies, la France va se trouver dans une situation ubuesque. Elle interdit la culture des OGM sur son sol mais autorise l’importation des OGM pour nourrir ses animaux d’élevage ! Je reprends à mon compte le propos de Jean Bizet, quand il dénonce le retrait des OGM : « La démagogie l’emporte sur la démocratie ».
Il est vrai que nommer le sénateur Jean-François Legrand, opposant notoire aux biotechnologies, comme Président du Comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les organismes génétiquement modifiés laissait peu d’ambiguïté quant au résultat final.
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