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Je m’étonne chaque jour de la charge que l’on fait peser sur l’agriculteur français...

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06 décembre 2007

La terre vue du ciel ou l’agriculture vue des villes

Il ne faut pas confondre distance et hauteur. A trop prendre de la distance avec la réalité, M. Yann Arthus Bertrand, en a perdu de la hauteur. Mardi soir dernier, lors de son émission « La terre vue du ciel » consacrée à l’agriculture,  nous avons assisté une nouvelle fois à une caricature pathétique et alarmiste  de l’agriculture française.
Si les constats de Yann Arthus Bertrand sont justes : « Nous avons besoins des agriculteurs », « Il va falloir nourrir 3 milliards d’habitant supplémentaires d’ici 2050 »… Les solutions qu’il nous propose sonnent creux. Nourrir toute la planète avec du bio, abandon immédiat de tous produits phytosanitaires, circuits courts (AMAP), suspicion sur les OGM… bref tous les poncifs sur l’agriculture moderne y sont passés.
Au final, de bien belles images… d’Epinal : les bovins paissent dans les vertes pâtures de moyenne montagne, les cochons sont sur paille fraîche, les variétés anciennes de tomates finissent de mûrir au soleil  sur un escalier de pierres sèches… Mais pourquoi porter aux nues l’agriculteur qui nourrit 100 bouches et stigmatiser celui qui en nourrit 1000 ? En quoi ce dernier serait-il coupable de produire en quantité et en qualité des produits sains à un prix accessible ? Cette vision « boboïsante » de l’agriculture vue des villes m’effraie. Cette nostalgie des modes de productions des années 50 laisse augurer du fossé qui se creuse entre consommateurs des villes et producteurs des champs. Alors s’il vous plaît M. Yann Arthus Bertrand, ne réduisez pas nos campagnes Françaises  à un écomusée pour urbains en mal de chlorophylle.
M. Yann Arthus Bertrand, à chacun son métier, laissez les agriculteurs nourrir la France et continuez à nous faire rêver avec de belles images… vues du ciel.

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Commentaires

A chacun son métier ?

Quand les pratiques agricoles sont identifiées comme cause majeure de l'altération de la qualité des eaux et de la régression de la biodiversité en France il faut bien que ces effets non-intentionnels mais réels soient mis sur le tapis.

Les "professionnels" que sont les agriculteurs sont ils conscients de leur responsabilité en la matière ? Première victimes des effets des pesticides sur la santé, ils devraient, mais si telle conscience existe, comment se matérialise t'elle ? Quelle est la part de leurs revenus investie dans la recherche de stratégie de lutte durable ? Que doit on penser des maïsiculteurs qui veulent le maïs Bt pour éliminer 99% des Pyrales et Sésamies (ce qui est bien au delà du seuil "tolérable" sur cette culture)?

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