La terre vue du ciel ou l’agriculture vue des villes
Il ne faut pas confondre distance et hauteur. A trop prendre de la distance avec la réalité, M. Yann Arthus Bertrand, en a perdu de la hauteur. Mardi soir dernier, lors de son émission « La terre vue du ciel » consacrée à l’agriculture, nous avons assisté une nouvelle fois à une caricature pathétique et alarmiste de l’agriculture française.
Si les constats de Yann Arthus Bertrand sont justes : « Nous avons besoins des agriculteurs », « Il va falloir nourrir 3 milliards d’habitant supplémentaires d’ici 2050 »… Les solutions qu’il nous propose sonnent creux. Nourrir toute la planète avec du bio, abandon immédiat de tous produits phytosanitaires, circuits courts (AMAP), suspicion sur les OGM… bref tous les poncifs sur l’agriculture moderne y sont passés.
Au final, de bien belles images… d’Epinal : les bovins paissent dans les vertes pâtures de moyenne montagne, les cochons sont sur paille fraîche, les variétés anciennes de tomates finissent de mûrir au soleil sur un escalier de pierres sèches… Mais pourquoi porter aux nues l’agriculteur qui nourrit 100 bouches et stigmatiser celui qui en nourrit 1000 ? En quoi ce dernier serait-il coupable de produire en quantité et en qualité des produits sains à un prix accessible ? Cette vision « boboïsante » de l’agriculture vue des villes m’effraie. Cette nostalgie des modes de productions des années 50 laisse augurer du fossé qui se creuse entre consommateurs des villes et producteurs des champs. Alors s’il vous plaît M. Yann Arthus Bertrand, ne réduisez pas nos campagnes Françaises à un écomusée pour urbains en mal de chlorophylle.
M. Yann Arthus Bertrand, à chacun son métier, laissez les agriculteurs nourrir la France et continuez à nous faire rêver avec de belles images… vues du ciel.
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