Suite à l’article parut dans « Le Monde » du 12 juillet dernier et intitulé « Le revenu des agriculteurs français est constitué à 77% de subventions publiques » (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-934556,0.html), j’ai pu lire un certain nombre de commentaires qui m’affligent. Certains de nos concitoyens pensent que puisqu’ils perçoivent des aides, les agriculteurs devraient être fonctionnarisés ! A ce propos, j’aimerai rappeler quelques points essentiels :
Les aides versées aux agriculteurs sont la conséquence de la PAC de 1992. Pour que les prix des matières premières agricoles puissent baisser, une compensation financière leur a été versée. Ce système est pervers : nous avons développé une agriculture assistée financièrement et il entretien de fait une dépréciation artificielle des prix agricoles. Plutôt que de toucher des aides, les agriculteurs français souhaitent que leurs productions leurs soient payées le juste prix.
L’effet bénéfique, ce sont les consommateurs qui en bénéficient car ils payent moins cher leurs denrées alimentaires. Pour autant, cette différence entre les coûts de production et le prix payé est répercutée dans leurs impôts.
Enfin, restons décent quand on parle d’aides au revenu agricole. 40 % des exploitations procurent un revenu par famille inférieur au smic et pour 5 % d’entre elles, un revenu carrément négatif, pour des semaines de 50, 60 voire 70 heures ! Pas de RTT, ni de retraite à 55 ans…
Les réflexions que j’ai lues viennent me rappeler le fossé qui existe toujours entre agriculteurs des champs et consommateurs des villes. Les uns mangent les productions que cultivent les autres et pourtant peu de signes de compréhension ou de respect à l’horizon. Parlons-nous !
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