Savez-vous que le sigle « Bt » provient du nom d’une bactérie, le Bacillus thuringiensis (Bt). Présente à l’état naturel dans le sol et sur de nombreux végétaux, cette bactérie produit des molécules qui, une fois ingérées, se révèlent mortelles pour les chenilles de sésamie et de pyrale (2 parasites du maïs). Cette bactérie est utilisée en pulvérisation par l’agriculture biologique et fait aussi l’objet d’une transgénèse pour donner le fameux maïs OGM Bt. Dans les deux cas, elle présente les mêmes avantages environnementaux : protéger les cultures en évitant le recours aux produits chimiques.
Pourquoi cette même molécule Bt est-elle diabolisée sous l’étiquette OGM et acceptée sous celle du bio ?
Cet exemple illustre bien la perception caricaturale que nous avons des OGM. Malgré les avis favorables des scientifiques sur le maïs Bt - ceux de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSAA) et de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) - rien n’y fait, la France persiste dans ses peurs et continue d’écouter ses gourous plutôt que ses scientifiques.
Ces peurs sont entretenues par ceux qui ont instrumentalisé l’agriculture pour en faire l’otage de leur combat politique. En France, les OGM sont victimes d’un combat idéologique qui se situe bien loin des véritables enjeux agricoles et alimentaires de la planète. Il y a pourtant urgence à sortir de l’impasse : nous avons 30 ans pour nourrir 3 milliards de personnes supplémentaires.
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