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Je m’étonne chaque jour de la charge que l’on fait peser sur l’agriculteur français...

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Le livre de Christian PEES, "L'arme alimentaire, les clés de l'indépendance"
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30 mars 2007

Pourquoi diaboliser les OGM ?

Savez-vous que le sigle « Bt » provient du nom d’une bactérie, le Bacillus thuringiensis (Bt). Présente à l’état naturel dans le sol et sur de nombreux végétaux, cette bactérie produit des molécules qui, une fois ingérées, se révèlent mortelles pour les chenilles de sésamie et de pyrale (2 parasites du maïs). Cette bactérie est utilisée en pulvérisation par l’agriculture biologique et fait aussi l’objet d’une transgénèse pour donner le fameux maïs OGM Bt. Dans les deux cas, elle présente les mêmes avantages environnementaux : protéger les cultures en évitant le recours aux produits chimiques.
Pourquoi cette même molécule Bt est-elle diabolisée sous l’étiquette OGM et acceptée sous celle du bio ?

Cet exemple illustre bien la perception caricaturale que nous avons des OGM. Malgré les avis favorables des scientifiques sur le maïs Bt - ceux de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSAA) et de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) - rien n’y fait, la France persiste dans ses peurs et continue d’écouter ses gourous plutôt que ses scientifiques.

Ces peurs sont entretenues par ceux qui ont instrumentalisé l’agriculture pour en faire l’otage de leur combat politique. En France, les OGM sont victimes d’un combat idéologique qui se situe bien loin des véritables enjeux agricoles et alimentaires de la planète. Il y a pourtant urgence à sortir de l’impasse : nous avons 30 ans pour nourrir 3 milliards de personnes supplémentaires.

Commentaires

Le "bt" en bio est utilisé en externe et ne pénètre jamais dans la plante alors que dans le maïs OGM BT , c'est chaque cellule de la plante qui produit la toxine tuant ainsi la chenille de la pyrale lorsqu' elle mange la feuille .Toute la plante est une usine à toxine ! II y a tout de même une différence . D' 'autre part le problème de la pyrale est essentiellement lié à la mono culture du maïs: la pyrale passe l' hiver dans les pailles résiduelles et les racines du maïs et si l' on en ressème au printemps suivant , la pyrale est déjà sur place pour croître et multiplier de nouveau. La rotation des cultures est la base de toute bonne pratique agronomique tant en conventionnelle qu' en agriculture bio . Oui , on peut nourrir le monde sans OGM , mais les solutions alternatives n' intéressent pas les multinationales des semences .

Des peurs alimentées "par ceux qui ont instrumentalisé l'agriculture pour en faire l'otage de leur combat politique" ?
Allons, qui a conduit à la situation que connait la Bretagne et à moindre échelle la majorité de nos cours d'eau ? L'INRA, les SRPV et les firmes phytosanitaire au service d'u modèle productiviste ! Or ce sont les mêmes ou quasiment (l'Inra a perdu du crédit et c'est maintenant arvalis qui se fait passer pour scientifique).
Il faudrait aujourd'hui avoir le courage de dire au consommateur que s'il veut conserver son environnement les denrées agricoles doivent être plus chères.

Les maïs bt d'aujourd'hui tuent pyrale, sésamie et devraient etre efficaces aussi contre d'autres lépidoptères qui grignotent le maïs (heliothis, noctuelles). Les prochaines générations à n'en pas douter combineront ces résistances à des résistances aux taupins (des variétés sont déja expérimentées croisant résistance au lépidoptère et coléoptère), à des résistances aux ciccadelles, aux oscinies, aux scutigerelles...ces espèces éliminées, leur parasites et prédateurs éliminés faute de proies, que restera t'il de vivant dans les champs de maïs du futur ?

J'ai lu votre livre "l'arme alimentaire". j'ai beaucoup apprécié toute la démarche pédagocique entreprise dans ce livre pour expliquer les fondements non seulement de notre métier, mais également des grands équilibres mondiaux. L'indépendance alimentaire est vraiment le coeur de la pérennité de notre nation. Nos concitoyens n'en sont plus conscients, et c'est d'autant plus vrai que la proportion de citadins augmente.
L'autre jour, suite à l'émission Envoyé Spécial sur la 2, je faisais mon tour de vélo hebdomadaire avec un groupe d'amis : un expert comptable, un artisan, un directeur régional d'une compagnie des eaux, un kiné "vert" et un commerçant. Bref, un échantillon normal, mais plutôt composé de cadres.
J'ai lutté pendant ces 45 km de VTT pour défendre notre cause. Les messages mensongers de ce reportage sont accueillis comme du bon pain par tout le grand public. C'est très inquiétant.
J'ai aussitôt pris ma plume pour dénoncer ces méthodes de communication très orientées à charge où le journalisme n'est plus du journalisme au sens noble du terme. Bien-sûr, je n'ai obtenu aucune réponse.
Si l'on veut que les choses changent, il est urgent de constituer une organisation transversale interprofessionnelle qui pourrait intervenir autant que nécessaire (les ONG le font bien avec quelques fois peu de moyens). Avant tout, je crois qu'il est nécessaire que nous commencions à intervenir très tôt dans les écoles afin d'apporter une information de base sur toutes les questions liées à l'indépendance alimentaire et au monde de l'agriculture.
Intervenant chaque année dans mon école (ISA Lille), je constate à chaque fois que les techniques et les nouvelles technologies de l'agriculture sont mises à mal par nos futurs ingénieurs et qu'il règne une "odeur" de bio dans beaucoup de propos. Monsieur Alter, comme vous l'appelez, a fait beaucoup de mal.
Nous nous voyons bientôt. J'espère que nous aurons l'occasion de débattre sur ces questions.
Bien cordialement
Hervé

"quasiment végétarienne", c'est un peu extrême, j'étais énervé ;-)

Les OGM permettent de lutter contre la faim dans le monde ?

Les effets se font attendre! Cela fait plus de 10 ans que les OGM sont mis en culture dans le monde et la faim dans le monde continue à progresser.

Les semences OGM sont brevetées et plus chères. Comment vont faire les pauvres pour se les procurer ? Si nous produisons pour eux, comment vont-il acheter notre production ?

La faim dans le monde n'est pas dûe une production insuffisante mais à un partage inégal de cette production, associé à un gaspillage monumental par la minorité qui consomme le plus (nous).

En 2050, l'agriculture pourra nourrir les 9 milliards d'humains prévus à condition :
- Que la terre n'ait pas été trop polluée par notre génération et celle de nos parents.
- Que chaque population ait la maîtrise de sa production alimentaire de manière à pouvoir être en autosuffisance si elle le désire.
- Que l'alimentation occidentale industrielle, déséquilibrée et hyper-carnée ne s'étende pas mais soit au contraire remplacée par une alimentation saine et quasiment végétarienne.

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