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03 mars 2007

Le maïs Bt dans le Sud-Ouest, parlons-en, le 9 mars à Pau

Le 6 février dernier, j’annonçais, au nom d’Euralis, notre volonté d’organiser la traçabilité des agriculteurs qui souhaitent planter cette année un maïs OGM, le maïs Bt. Cette décision suscite depuis un certain nombre de réactions passionnées.
Ainsi, le samedi 10 mars, un collectif anti-OGM, qui pour l’heure n’a pas souhaité s’identifier, appelle à une manifestation devant le siège du Groupe Euralis que je préside.
Pour répondre à cette action et parce que la culture du maïs Bt dans le Sud-Ouest mérite mieux qu’une démonstration de force sans véritable échange, j’ai pris l’initiative d’organiser la veille, le vendredi 9 mars, une réunion publique d’information et de dialogue. Je souhaite que ce moment d’échange permette de reposer les termes du problème de façon apaisée et que chacun puisse faire entendre son point de vue.
J’en appelle à la raison. Sommes-nous capable de sortir de la diabolisation générale et les amalgames partisans pour regarder ensemble, en toute objectivité, au cas par cas, si une plante OGM, en l’occurrence le maïs Bt, proposée à la culture est bonne ou mauvaise et si elle présente des risques ou pas.
Je peux concevoir que les cultures transgéniques effraient certains, pour autant, chacun doit pouvoir exprimer son point de vue dans le respect des libertés d’autrui. Les affrontements doivent laisser place à la discussion. Nous devons renouer la voie du dialogue afin que tous puissent s’exprimer sans crispation. L’heure est donc venue de débattre ensemble de l’avenir de l’agriculture et des agriculteurs de notre région.

Cette réunion d’information et d’échange est libre d’accès et ouverte à tous. Elle aura lieu le vendredi 9 mars à 19h. au Parc des Expositions de Pau, salle Navarre.
Je compte sur votre présence… et sur votre ouverture d’esprit !

Christian Pées

Commentaires

Concernant la culture des maïs OGM les zones refuges conseillées sont de 20% de la surface totale et ne devraient recevoir aucun traitement.
Or,
1/la valeur de 20% correspond a une décision administrative américaine, pas à un avis scientifique. les scientifiques eux préconisaient des zones refuges de 40% (USDA et ILSI) voir 50% (UCS).
2/ les entreprises semencières travaillent sur des projets combinant OGM et lutte bio en zone refuge (certainement pour une question d'image). Mais scientifiquement si les zones refuges font l'objet de traitement leur surface devrait être accrue. Qui le rappelle ?
3/ Ces zones refuges ne sont jamais prises en comptes dans les calculs de gain de rendement. Arvalis citant ses résultats PACB oublie que les parcelles d'essais sont 100% OGM et qu'en réalité le calcul doit minorer les valeurs obtenues. Si les résultats moyens restent positifs, leur entouthiasme devrait etre modéré par le fait que sur 11 essais 3 correspondent à une perte seche pour l'exploitant - le gain de rendement ne compensant pas l'achat des semences ogm.

Le vendredi 9 mars, j’ai assisté au débat public organisé par le Groupe coopératif Euralis sur les OGM. Pourquoi tant de déchaînement de passions ? A mon avis, c’est parce que le problème n’est pas tant sanitaire ou technique, il est surtout idéologique. Pour les altermondialistes, les OGM représentent en effet la mondialisation et tous ses travers, dirigée par les méchants américains capitalistes et leurs multinationales semencières qui ne pensent qu’à faire du profit ! Et derrière tout ça la question de fond : l’homme a-t’il le droit de « manipuler » la nature jusque dans son génome pour faire du commerce ? Ce sont des interrogations tout à fait légitimes. Le problème, c’est que pour faire passer ces convictions politiques et éthiques, il se dit tout et n’importe sur les aspects scientifiques, techniques et sanitaires.

On entend : la coexistence c’est du pipo, c’est irréalisable ! Déjà première chose, ça fait longtemps qu’il existe des règles de coexistence entre les différents maïs, bien avant qu’on ne parle d’OGM. Ces règles sont basées sur des distances entre parcelles à respecter pour ne pas dépasser un certain seuil de dissémination fortuite de pollen. Pour ce qui concerne les OGM, les essais réalisés par l’AGPM pendant 5 ans ont montré qu’au-delà de 25 m, les maïs voisins contiennent moins de 0,9% d’impureté OGM, donc ne sont pas considérés, selon la réglementation européenne, comme OGM.

Alors là on n’entend crier : c’est une honte ! 25 m c’est ridicule ! On ne va pas nous faire croire que le pollen va sagement s’arrêter au bord du champ, comme on a voulu nous duper avec le nuage de Tchernobyl ! Effectivement, c’est vrai et personne n’a jamais dit ça. Oui il y aura du pollen OGM au-delà de 25 m, mais à des taux inférieurs à ce que prévoit la réglementation. Il est donc techniquement possible, à partir de règles bien définies, d’organiser les différentes cultures entre elles, y compris avec les productions Bio… à condition bien-sûr d’être raisonnable et de bien vouloir accepter la mise en place de ces fameuses règles.

Brouhaha dans la salle : Non ! Et de toute façon, 80% des consommateurs n’en veulent pas ! Effectivement, c’est vrai, mais pourquoi les gens ont si peur des OGM, alors que c’est un sujet sur lequel la majorité d’entres-eux connaissent finalement bien peu de choses ? C’est normal d’avoir des doutes sur les OGM : depuis des années, la parole est confisquée par M. Bové et autres alters qui ne cessent de crier au grand méchant loup. Sous couvert d’honteux amalgames en tout genre comme les comparaisons avec l’amiante, le sang contaminé ou la vache folle (« vous voyez bien qu’on vous ment sans arrêt pour faire des profits au dépens de notre santé… »), et d’éléments techniques et sanitaires non fondés (« il ne faut pas croire les chercheurs, c’est la worldcompagny Monsanto qui contrôle tout… »), ils n’arrêtent pas de faire peur à la population pour mieux défendre leurs idéologies. Mais quand on se plonge un peu plus sérieusement sur le sujet, on s’aperçoit vite que les choses ne sont pas aussi caricaturalement toutes noires ou toutes blanches.

Pour finir, je m’interroge sur le bien-fondé de la systématique mise en opposition des produits OGM avec la notion de qualité ? On entend par exemple de plus en plus parler de mycotoxines sur les cultures, c'est-à-dire de toxines nocives produites par des champignons ; il est prouvé que la présence d’insectes foreurs favorise la prolifération de ces champignons, et que donc la technologie Bt permet une réduction très significative de la teneur en mycotoxines. Qu’est-ce qui est de meilleure qualité ? le maïs Bio infesté de mycotoxines nocives (cancérigène dit-on ?) ou le maïs OGM indemne de mycotoxines ??...

Je peux concevoir que les cultures transgéniques effraient certains, pour autant, chacun doit pouvoir exprimer son point de vue dans le respect des libertés d’autrui. Je ne suis pas effrayé à priori par les OGM. Ce qui me dérange c'est que je ne vois pas bien où se situe ma liberté si je ne sais pas qu'il y a des OGM dans mon assiette en deça de 0,9%. Ensuite, où est la liberté de l'agriculteur s'il dépend d'une multinationale pour son approvisionnement en graines pour ses semailles. Je suis contre les OGM parce que je ne vois pas pourquoi la vie qui est un cadeau fait à tous devrait devenir la propriété de quelques privilégiés.

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