Début septembre, mon périple russe m’a conduit dans une usine de transformation de légumes ouverte par Bonduelle à Krasnodar. Sur place, l’équipe de management française m’explique combien il est difficile de dupliquer les standards de production et de gestion occidentaux sur un ancien Kolkhoze. Si le projet semble réalisable sur le papier, c’est une autre paire de manches dans la pratique. Il s’avère que le transfert des savoir-faire aux équipes locales n’est pas si simple ! Sans la direction française, l’équipe russe semble incapable de gérer le site. Pourquoi ?
il y a d’abord une sorte d’incapacité culturelle ; la mesure des enjeux et des objectifs n’est pas du tout la même que chez nous. Les russes ne comprennent pas notre démarche issue du marketing : ils ne perçoivent pas le besoin du consommateur. Pire. Héritier d’un état centralisé à l’extrême, ils produisent selon le plan prévu… sans possibilité d’évolution. Les pénuries et disettes chroniques ont habitué les Russes à “faire avec peu”. Au point qu’une culture du “bricolage” s’est instituée.
Pour toutes ces raisons, mieux vaut suivre l’exemple de Bonduelle plutôt que de nouer des partenariats. Le Groupe a envoyé une équipe d’encadrement française sur place et a recherché des appuis politiques et administratifs pour soutenir son projet. Ils ont été essentiels à sa réussite.
Malgré les apparences, il n’existe plus un pouvoir central très fort en Russie. En fait, des pouvoirs corporatistes ont pris le relais, avec toutes les conséquences et les incertitudes que l’on peut imaginer.
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