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Je m’étonne chaque jour de la charge que l’on fait peser sur l’agriculteur français...

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Le livre de Christian PEES, "L'arme alimentaire, les clés de l'indépendance"
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24 juin 2009

Monsieur le ministre de l'Agriculture,

Résistez. Si je devais vous donner un seul conseil, ce serait celui-là.

Résistez aux promoteurs d’une Europe tournée exclusivement vers une agriculture haut de gamme, où le biologique occuperait une place prépondérante. Les bons résultats enregistrés par les listes écologistes aux dernières élections européennes pourraient inciter les gouvernements à emprunter ce chemin. Sans aucun doute, un tel projet est noble et mérite d’être encouragé. D’autant que la France et l’Europe, où l’alimentation constitue une vraie valeur, ont toute la légitimité pour le porter. Toutefois, un modèle qui prône l’unicité des cultures n’est pas viable dans un monde où les besoins alimentaires vont grandissant. Surtout qu’il est illusoire de penser que les grandes puissances d’aujourd’hui telles que les Etats-Unis, le Brésil et la Chine ne viendront pas, demain, nous concurrencer sur ce terrain.

Une autre conséquence dramatique d’un tel raisonnement serait de voir l’alimentation de base livrée aux mains de ces mêmes grandes puissances. Notre indépendance alimentaire se trouverait ainsi en grand péril. Alors, cessons d’opposer agriculture biologique et agriculture ‘classique’. Les deux peuvent très bien cohabiter ensemble et nous fourbir les armes indispensables pour relever le défi alimentaire qui se joue dès à présent.

Résistez également à une conclusion hâtive du cycle des négociations de Doha et osez dire non à l’ouverture totale des frontières. Le Momagri, à l’appui d’un modèle scientifique de simulations, l’a démontré : une libéralisation non régulée du commerce agricole international, comme envisagée par l’OMC, générera deux conséquences principales, d’abord une amplification de l’instabilité des cours des matières premières — plutôt que son atténuation, comme le prétend l’OMC — et d’autre part, une concentration des exploitations dans les régions les plus compétitives du monde, telles que le Brésil. Les pays les plus pauvres seront laminés, l’Europe se maintiendra à peine. Or, il est inacceptable que la nourriture du monde dépende du bon vouloir de quelques uns. Sans compter qu’il est fantaisiste de penser qu’une seule région du monde puisse assurer une production suffisante pour tous, quelles que soient les innovations envisagées. Alors, ne reproduisons pas pour l’agriculture les erreurs commises par la finance internationale et opposons un non ferme à une libéralisation débridée. En agriculture, une crise porte le nom de famine…

Enfin, résistez aux détracteurs du progrès, à tous ceux qui, par pure idéologie, s’opposent aux produits phytosanitaires — quels qu’ils soient — aux OGM, bref à tout ce qui pourrait nous permettre de conserver notre rang et de nous situer aux avant-postes de l’agriculture de demain. L’innovation, la réussite technique ne doivent pas devenir des mots tabous mais, au contraire, nous guider au quotidien. Il ne s’agit pas de se montrer manichéens et d’opposer les bons aux mauvais agriculteurs. La sécurité alimentaire doit être notre objectif à tous. Alors, dans le respect des convictions de chacun, donnons-nous les moyens de produire. Sans négliger le principe de précaution ni l’environnement, une autre agriculture française est possible.

18 mai 2009

L’agriculture industrielle, cible (trop) facile

Sans surprise, l’apparition de la grippe A — initialement appelée grippe porcine — s’accompagne d’une épidémie d’inepties.
Ainsi, Daniel Cohn-Bendit, en piste pour les élections européennes de juin prochain, voit-il dans la contagion actuelle « une crise de notre mode de vie » et met en cause « l’agriculture industrielle » (lemonde.fr ; 28/04/09).
A chaque fois qu’un nouvel accident sanitaire se produit, les hérauts de l’altermondialisme et de la décroissance en profitent pour crier haro sur notre mode de production agricole. Il y en a marre d’écouter ces personnages publics qui, pour nourrir leurs desseins politiques, font preuve d’un opportunisme outrancier.
Surtout quand leurs arguments ne tiennent pas la route. Qui peut sérieusement croire qu’un élevage industriel de porcs — clos, bardé de mesures de biosécurité et totalement isolé du reste du monde — présente davantage de risques de transmission d’un virus que le porc qui se promenait dans la cuisine de nos grands-parents il y a 50 ans ? Philippe Vannier, directeur de la santé animale et du bien être des animaux à l’Afssa, souligne d’ailleurs dans une interview au Monde (4/05/09) : « […] les mesures de biosécurité sont mises en place dans les élevages de type industriel. Epidémiologiquement, ceux-ci présentent donc les meilleures conditions pour limiter les risques d’introduction du nouveau virus ». Cessons donc de fantasmer sur notre "beau passé" !
Les promoteurs d’un retour à l’agriculture d’avant rêvent de pouvoir s’écrier un jour — et le plus tôt serait le mieux selon eux — : « L’agriculture industrielle est morte ! Vive l’agriculture biologique ! ». Loin de moi l’idée de nier les bienfaits d’un tel mode de production. Il est toutefois une évidence : une conversion planétaire au bio ne permettra pas de nourrir toutes les bouches d’une démographie mondiale qui croît inexorablement et compromettra la vie de deux milliards d’êtres humains…

11 mai 2009

Les subventions agricoles sont-elles indécentes ?

Depuis le 30 avril dernier, l’agriculture française est mise à nu. En effet, la première liste officielle des bénéficiaires de la PAC (Politique agricole commune) en France a été publiée et un voile s’est levé sur les bénéficiaires des quelque 9 milliards d’aides publiques distribuées chaque année.
La transparence, en soit, est positive, à la condition de faire preuve d’un minimum de pédagogie et de rappeler les deux éléments majeurs qui caractérisent cette aide publique.
Tout d’abord, ces subventions, instaurées par la deuxième PAC de 1992, visaient à compenser l’alignement des prix européens sur les cours mondiaux qui ne sont rien d’autre que de faux prix issus d’un dumping environnemental et social — les prix agricoles avaient alors baissé de 30%.
Ensuite, la PAC ne constitue pas un revenu. A l’appui de ma démonstration, je développerai un exemple :

-  Je suis un agriculteur et j’ai vendu mon maïs 110€/T
-  Sachant que je récolte 10T/ha, j’ai donc reçu 1 100€/ha du marché
-  Une somme à laquelle s’ajoutent 350€/ha en provenance de la PAC
-  Ma recette globale est donc de 1 450€/ha
-  Mes charges, elles, s’élèvent à 1 400€/ha
-  Au final, j’ai gagné 50€/ha

De ce raisonnement découle bien une certitude : le marché ne rémunère pas le producteur. En outre, les principaux bénéficiaires de la PAC ne sont pas les agriculteurs eux-mêmes mais tous les fournisseurs de biens et de services en direction de l’agriculture (distributeurs, vendeurs de matériel agricole, propriétaires fonciers, etc.) qui adaptent leurs prix de vente au pouvoir d’achat de l’agriculteur. C’est d’ailleurs là le propre de toute subvention : elle entraîne inéluctablement une inflation du prix du produit subventionné — Il n’y a qu’à observer ce qui se passe avec la pompe à chaleur ou la "prime à la casse"…
C’est pourquoi je suis convaincu que, d’une façon générale, une subvention ne peut être que ponctuelle — servir à lancer une action puis disparaître — sinon le marché s’adapte et le contribuable finit par trinquer pour le consommateur. Ramenée à l’agriculture, cette théorie pose la question suivante : quelle différence y-a-t’il entre acheter plus cher sa nourriture mais payer moins d’impôts — l’agriculture n’étant plus subventionnée — ou se nourrir à bas prix et rétribuer l’agriculteur via sa feuille d’impôts, comme aujourd’hui ?
Tous ces constats nous poussent à ne pas manquer l’échéance 2013 et à avancer, dès aujourd’hui, des propositions qui, pour certaines, peuvent sembler iconoclastes. Ne vaudrait-il pas mieux, par exemple, utiliser cette masse d’aides — dont nous pouvons parfois douter de l’efficacité — pour réorienter l’agriculture et réguler les prix des matières premières ? L’Union européenne, sous prétexte de la complexité présumée d’un tel système, refuse d’étudier cette alternative. De l’autre côté de l’Atlantique, les Etats-Unis n’ont pas hésité à franchir ce pas.
Dans le cadre du Momagri, nous prônons également cette régulation qui devrait constituer un élément fondamental de la nouvelle PAC. Car, dans le contexte de crise actuel, le système de l’aide directe n’est plus compris ni accepté par l’opinion publique. Les Etats, confrontés à des déficits abyssaux, finiront sans aucun doute par piocher dans le budget de la PAC. De même, les PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale) ne vont pas tarder à exiger un traitement égalitaire dans la répartition des aides. En 2013, il sera trop tard.

23 avril 2009

Pour une gouvernance mondiale de l’agriculture

Neuf mois que je ne me suis pas exprimé sur cette plateforme. Aujourd’hui, certains événements me poussent à rompre mon silence électronique. Je veux bien sûr parler du G8 Agriculture qui s’est déroulé en Italie les 18, 19 et 20 avril derniers.
Réunis pour la première fois, les ministres de l’Agriculture des huit pays les plus riches (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Japon, Italie, Royaume-Uni et Russie) ont planché sur la sécurité alimentaire et les moyens de limiter la volatilité des prix. Enfin, oserais-je dire, l’alimentation devient un enjeu stratégique. Et pour cause.
Selon la FAO, l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, le nombre de personnes sous-alimentées se rapproche du milliard. Un chiffre qui pourrait encore dangereusement augmenter en raison de la crise économique qui fragilise les pays en développement et entraîne une baisse des investissements. Nous sommes donc bien loin des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), adoptés lors du sommet de l’ONU en septembre 2000, qui prévoient de diviser par deux le nombre de mal-nourris d’ici à 2015.
Dans leur déclaration finale, les ministres ont préconisé une série de mesures, parmi lesquelles : la lutte contre les spéculations financières, une augmentation des investissements agricoles publics et privés et la création de réserves alimentaires. La démarche est certes louable puisqu’elle remet l’agriculture au centre du développement. Toutefois, elle n’a débouché sur aucune action concrète et les propositions restent soumises à l’approbation — et à l’adoption de mesures véritables — du G8 des Chefs d’Etat et de gouvernement qui se réunira en juin prochain. Surtout, il serait grand temps de passer du G8 au G20 dans la mesure où des pays tels que le Brésil, la Chine ou l’Inde comptent désormais au moins autant pour l’agriculture mondiale que les Etats-Unis…
L’idée essentielle, à mes yeux, dégagée par le texte final, réside dans la volonté de créer une "gouvernance" qui prendra la forme d’un comité d’experts et qui se consacrera exclusivement au problème de la faim et du développement agricole, à l’instar du Giec (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) pour les changements climatiques. Une "gouvernance" dont je suis un ardent défenseur et qui constitue le fer de lance de Momagri (Mouvement pour une Organisation Mondiale de l’Agriculture). Reste à convaincre les Etats d’instaurer une régulation des marchés agricoles — les Etats-Unis, notamment, font de la résistance —, faute de quoi les vœux du G8 Agriculture resteront pieux…

24 juin 2008

Le progrès est-il une tare en France ?

« Décevant », le sommet de Rome sur l’alimentation,
« Décevant », le vote des Irlandais,
« Décevant », le moral des ménages français qui plonge,
« Décevante », la hausse du prix du baril.
« Décevantes », les prévisions de l’INSEE sur la croissance française,
Notre avenir est-il si déprimant qu’il faille sombrer dans la dépression avant même d’y être réellement plongé ?
La récente débâcle des marchés financiers nous avait pourtant appris une chose : pour qu’une société (au sens propre comme au figuré) fonctionne, il faut de la « confiance ». Et la confiance procède d’une logique simple ; c’est estimer que ce que nous allons vivre demain, sera meilleur qu’aujourd’hui. Or, le moteur de la confiance s’alimente d’un seul carburant : le progrès. Et c’est là que le bas blesse. Face aux fortes mutations des communications, des biotechnologies ou encore des économies émergentes auxquelles nous sommes soumis, les peurs ressurgissent, et cette fois, il n’y a aucune vérité religieuse pour en proposer une lecture acceptable. La nature ayant horreur du vide, les opportunistes ont vite fait leur lit de ce nouveau champ à faucher. La France du « Risque zéro » écoute ces « prêcheurs de l’apocalypse » et plutôt que de croire dans un avenir meilleur, elle pense au contraire que « la décroissance » est une vertu, et le « principe de précaution », un droit de veto.
Depuis que l’homme est apparu sur cette terre, il s’est levé et a toujours marché vers plus de confort et de bien-être. Aujourd’hui, nous sommes face à un formidable défi : nourrir une planète tout en épargnant les ressources. Pour y arriver, deux solutions : le progrès ou la régression. Renvoyant dos-à-dos Malthus et Maslow, je n’ose imaginer l’humanité faisant marche arrière, remplaçant le tracteur par des bœufs et le téléphone portable par des signaux de fumée, non décidément je ne peux et ne veux pas y croire…

09 mai 2008

La FAO n’a jamais dit qu’il était possible de nourrir la planète avec la seule agriculture biologique

Je souhaite rappeler à ceux qui m’interpellent par leur commentaires accusateurs sur ce blog qu’il est impératif, avant de prendre la parole, de vérifier ses sources. Au risque de décevoir certains, la FAO n’a jamais dit qu’il était possible de nourrir la planète avec la seule agriculture biologique. Voici ce que disait M. Diouf en décembre 2007, afin de rectifier la rumeur selon laquelle le bio est la seule issue pour l’agriculture et l’alimentation mondiale.

« Le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, a déclaré aujourd’hui que la FAO n’avait aucune raison de croire que l’agriculture biologique puisse remplacer les systèmes agricoles traditionnels pour garantir la sécurité alimentaire mondiale.
M. Diouf commentait des informations parues récemment dans la presse et les médias indiquant que la FAO approuvait l’agriculture biologique en tant que solution à la faim dans le monde.
“Nous devons recourir à l’agriculture biologique et l’encourager”, a déclaré M. Diouf. “Elle produit des aliments sains et nutritifs et représente une source croissante de revenus, pour les pays développés comme pour les pays en développement. Mais il n’est pas possible de nourrir aujourd’hui six milliards de personnes, et neuf milliards en 2050, sans une utilisation judicieuse d’engrais chimiques”.

Riche d’enseignements, je vous conseille de lire l’intégralité du propos de M. Diouf. Vous pouvez retrouver sur le site de la FAO, à l’adresse suivante : http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000726/index.html

M. Diouf à raison, dans un contexte d’explosion démographique et de diminution de la surface cultivable mondiale, il est vain d’opposer les modes de productions, la solution agricole unique n’existe pas. Bien au contraire, qu’elles soient vivrière, bio, conventionnelle, raisonnée ou OGM, nous devons, au cas par cas, avoir l’intelligence d’appliquer la meilleure solution, en fonction des situations et de la réalité locale.

Une nouvelle fois, je tiens à souligner que l’agriculture mondiale ne peut se construire sur des visions idéologiques et doctrinaires.

15 avril 2008

Les émeutes de la faim se décident à Chicago

On croyait la spéculation sur les matières premières agricoles révolue, elle s’avère  l’une des causes premières des émeutes de la faim. Trompés par l’illusion d’une mondialisation libérale apportant une nourriture abondante et accessible pour tous, partout dans le monde, les français découvrent avec stupeur que la famine s’abat sur les populations les plus pauvres en Egypte, à Haïti, au Cameroun, au Mexique, en Indonésie... On attendait les conflits du pétrole puis del’eau, c’est l’alimentation qui aujourd’hui bouscule les équilibres mondiaux.

Cette situation dramatique trouve son origine dans une conjonction de facteurs identifiés qui ont entraîné une hausse des prix des matières premières agricoles. Selon l'index FAO, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 58% en un an, de 131% pour les céréales.
Les analyses de cette crise insistent peu sur le rôle insidieux de la spéculation. Jusqu’à présent, les politiques agricoles comme la PAC ou le Farm Bill américain avaient eu pour vertu de stabiliser les marchés agricoles et alimentaires et les mettre à l’abri des spéculateurs. Or la libéralisation galopante à ouvert la boîte de pandore : dans un contexte de hausse, les spéculateurs se sont reportés de l’immobilier, touché par la crise des subprime, vers un secteur agricole orienté à la hausse et connaissant de fortes fluctuations. La conséquence ne s’est pas fait attendre et l’opportunisme financier n’a fait qu’accentuer les écarts de prix ; les émeutes de la faim trouvent aussi leur origine à la bourse de Chicago ou de Londres.

21 mars 2008

Sortons l’agriculture de L’OMC

« Est-ce que l'OMC est bien le lieu pour discuter des questions liées à l'agriculture et l'alimentation ? ", s’est interrogé  Michel Barnier ce lundi à Bruxelles.
Je salue là le courage de notre Ministre de l’Agriculture qui ose poser la question qui fâche. En effet, est-il encore possible d’intégrer sur le même plan, dans les négociations internationales, l’industrie, les services et l’agriculture ?
La réponse est NON. Il faut gérer l’agriculture mondiale comme un secteur spécifique, pourquoi ?
Dans nos sociétés de confort, dans nos villes ou l’abondance est reine, nous avons oublié que 850 millions de personnes souffrent toujours de la faim dans le monde et que la première urgence de l’homme est de se nourrir.
En cette période de hausse des prix des matières premières agricoles et de diminution des stocks mondiaux de céréales, Si dans nos pays riches, la polémique porte sur la baisse du pouvoir d’achat, pour les pays les plus démunis, les alertes à la famine se multiplient.
D‘ici à 2 générations, nous devrons nourrir 3 milliards de bouches supplémentaires. Il faut produire plus sur une petite planète menacée par les changements climatiques. Nous n’avons d’autre choix que d’appréhender l’agriculture autrement, réfléchir de manière globale et dépasser les égoïsmes nationaux.
L’agriculture est un secteur hautement stratégique et une pénurie agricole n’est pas comparable à une pénurie de biens industriels. Si l’on peut se passer de Playstation, nous ne pouvons faire l’impasse sur l’alimentation. Les français ont la mémoire courte, il n’est pas si loin le temps ou notre combat était l’autosuffisance alimentaire.
Enfin, il faut cesser de considérer l’agriculture comme une variable d’ajustement politique dans les tractations commerciales internationales. L’Europe et la France ont la fâcheuse tendance à lâcher sur l’agriculture pour espérer gagner sur l’industrie et les services. Ce n’est pas les conclusions du très politique « Grenelle de l’Environnement » (OGM contre nucléaire) qui vont redonner confiance en la matière aux agriculteurs français.

Les solutions existent. Au sein du Mouvement pour une Organisation Mondiale  de l’Agriculture nous appelons à la création d’une régulation mondiale spécifique à l’agriculture. Je vous invite vivement à prendre connaissance de nos travaux et de nos conclusions sur le site du  MOMA : http://www.momagri.org/.

02 mars 2008

Défense de l’agriculture : USA 1 – France 0

A quelques jours d’intervalle, j’ai pu mesurer l’écart qui sépare la France des Etats-Unis en matière de politique agricole. Quand certain font des promesses sans agir, d’autres agissent sans promettre… Question de culture me direz vous !

Acte 1. J’accueillais à Pau, le 7 février dernier Mme B. Berry, Ministre Conseillé aux Affaires Agricoles de l'Ambassade des Etats-Unis en France. Lors de notre AG, elle a clairement démontré l’importance stratégique que son pays accorde à l’agriculture. Pragmatiques et sûrs de leur fait, les américains ne s’embarrassent pas de précautions pour nous annoncer que le prochain « Farm Bill 2008-2012 » va maintenir toutes les mesures de soutien à la production comme aux exportations agricoles.
Autre différence avec la France, en matière de protection de l’environnement, les américains soutiennent ouvertement les OGM. car pour eux, ils permettent de réduire l’utilisation des pesticides. Mme B. Berry à conclu en évoquant le développement fulgurant des biocarburants US et les mesures incitatives mises en place par son gouvernement.

Acte 2. Salon de l’Agriculture ce week-end à Paris. Séance de rattrapage pour M. Sarkozy, après un Grenelle de l’environnement qui a plutôt déstabilisé le monde agricole. Notre Président a une nouvelle fois pris « l’engagement officiel d’une refondation de la politique agricole commune ». Il est temps, malgré un autre discours plein de promesses prononcé au SPACE à Rennes il y a peine 5 mois, la France agricole entend les mots mais attend toujours les actes.

Mesure de soutient et protectionnisme sans complexe d’un côté, promesses de rupture sans action concrète de l’autre. Il y a des jours ou le « farmer » me semble mieux loti que le paysan français. Il est vrai que les USA à la différence de la France ou de l’Europe, considèrent l’alimentation comme une arme, c'est pourquoi ils ont toujours protégé leur agriculture. Il y a quelques mois, j’écrivais dans mon livre : « Chez nous, il est à craindre que les "politiques" laissent l'agriculture au "placard" aussi longtemps que le spectre du manque et de la hausse des prix n'apparaîtra pas »... Au vu de la polémique sur le pouvoir d’achat, il me semble que nous sommes en train de franchir la ligne rouge.

19 février 2008

Nicolas Hulot, quand le militant fait appel à la raison… Les scientifiques lui répondent !

J’ai lu ce matin sur le site de l’AFIS (l’Association Française pour l’information scientifique) la réponse des scientifiques à la tribune de Nicolas HULOT intitulée « OGM : la raison contre les préjugés » parue dans l’édition du 17 janvier 2008 du quotidien Le Monde.

M. Hulot, écologiste politique notoire, invoquant « la raison », il y a là une contradiction qui m’interpelle. C’est surement que M. Hulot y trouve son intérêt : il y a dans le mot « raison » une dimension subjective qui lui autorise une grande liberté dans l’appréciation de la vérité scientifique.

Quand M. Hulot déclare dans son article que : « le processus du Grenelle de l'environnement a permis une concertation tranquille et raisonnable entre les représentants de la société pour permettre à la décision politique de s'appuyer sur l'avis d'une haute autorité scientifique, dans le souci de l'intérêt collectif », encore faudrait-il écouter lesdits scientifiques qui ne me semblent pas du tout d’accord avec M. Hulot !
Je vous recommande donc de vous faire une opinion en lisant leur déclaration à l’adresse suivante : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article827